Ecrire un avenir qui se réalise : la lettre jaune

boitelettres

J’adore recevoir du courrier.

 Postal, électronique, petit mots sur un post-it, même un texto. J’aime les choses écrites, petites messagères pleines de recul entre mon interlocuteur et moi. Non seulement les écrits restent, alors que les paroles s’envolent, mais en plus ils vous aident bien mieux que vous ne pourriez l’imaginer à réaliser vos projets.

 Je vais vous parler aujourd’hui de la lettre bleue, décrite ainsi par Florence Servan-Schreiber. C’est un nom très poétique, bien qu’un peu triste, pour une méthode pourtant gaie et positive. (Vous êtes bien d’accord qu’être bleu, c’est être mélancolique, et qu’un bleu au cœur ou au genou, ça fait mal !). Du coup dans l’œuf du neuf, cela s’appellera la lettre jaune. Et toc ! En vérité, peu importe la couleur du papier et de l’enveloppe, il s’agit simplement d’écrire quelque chose d’important dessus.

UN AVENIR DE REVE

Ce quelque chose d’important, c’est votre avenir rêvé. Décrivez votre année 2015 idéale. Mais pas une liste de points avec en tête « gagner au loto ». Il s’agit de ce que vous serez, allez faire cette année, et les suivantes si vous souhaitez vous projeter plus loin. Vous commencerez cette lettre par « Bravo, je te félicite pour ce que je t’ai vu réussir cette année… ». Vous allez inscrire des détails, dire ce que vos événements vous ont apporté, quels bénéfices vous en avez tiré. Vous pouvez y écrire également les obstacles ou les difficultés que vous anticipez, et la façon dont vous imaginez les avoir surmontés. Vous pouvez décider d’écrire votre lettre à votre vous-même de dans un an, mais aussi à celui de dans 5 ans. C’est juste plus compliqué, car il faut penser à tous les détails.

 UN GESTE IMPORTANT POUR VOUS

C’est un exercice sérieux qui ne s’improvise pas. Choisissez votre papier, mettez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangés. Et lancez-vous. Tant pis pour les ratures et l’orthographe. Lâchez tout, vos rêves, vos envies de voyages, vos désirs professionnels, les problèmes à régler, les personnes à retrouver ou à exclure, les défis à relever, les envies à concrétiser. N’oubliez rien, ne laissez rien de côté. Tout ce qui est faisable d’ici décembre prochain et qui vous gratifierait doit être consigné.

Vous pouvez revenir sur la lettre avant de la cacheter dans son enveloppe. La relire, la rectifier, la compléter. Puis la poster à mon adresse avec une enveloppe retour timbrée à votre adresse. Ou l’apporter à un ami ou un proche chargé de vous renvoyer la lettre en janvier 2016. Oubliez alors l’existence même de cette lettre, et reprenez le cours de votre vie.

 ECRIRE REND PLUS HEUREUX 

Quel est l’intérêt de cet exercice ? Ecrire, d’abord, car c’est un magistère puissant. Nous tirons de substantiels bénéfices à nous exprimer ainsi. Là où l’expression orale manque à structurer nos propos et peut nous égarer, l’écrit est un dialogue avec nous-même. Nous y faisons inconsciemment les questions et les réponses. La cohérence est assurée par notre besoin de logique, et alors nous apprenons mieux, nous atténuons nos angoisses en les rationnalisant, nous améliorons nos relations sociales et même notre santé.

 Ecrire cette lettre jaune, bleue ou arc-en-ciel, c’est tracer mentalement le chemin de ce que vous désirez vraiment, et il est toujours plus facile de suivre un chemin existant plutôt que de le réinventer à chaque intersection. Vous augmentez vos chances d’atteindre vos objectifs et de vous y réaliser si vous admettez ce que vous souhaitez vraiment pour vous.

 Cette méthode agit comme un tuteur mental, efficace, souple et robuste. Et c’est FACILE à faire. La lettre jaune, qui s’applique aujourd’hui à un sujet positif et tourné vers demain, peut aussi prendre la forme d’une lettre « grise », qui aide à surmonter chocs ou traumatismes passés. Nous en parlerons une prochaine fois, si vous voulez bien.

En attendant, à vos stylos, claviers, n’hésitez pas à m’envoyez vos courriers par email à loeufduneuf(a)gmail.com (confidentialité garantie), je m’engage à vous les renvoyer dans un an et à recueillir vos impressions.

 Jolie résolution pour 2015, non ?

Détecter ses talents – 3 minutes de Strength Spotting

trainspotting

J’ai mis une illustration du film Trainspotting pour cet article parce que c’est la seule chose qui me venait à l’esprit quand je pensais à StrengthSpotting…

En France, il nous est difficile de nous présenter à l’aune de nos qualités.

On préfère largement pratiquer l’auto-dévalorisation, qui sous couvert d’autodérision nous permet de nous inscrire dans la norme d’une humilité consensuelle et de bon aloi.

 La preuve ?

 J’ai voulu il y a quelques temps essayer une méthode toute simple de Strength Spotting. Le Strength Spotting, littéralement « éclairage des forces », est un outil de connaissance de soi, qui aide à détecter ses forces et ses talents personnels. (J’ai toute une série d’articles prévus sur ce thème, soyez un peu patients mes petits poussins du neuf)

J’ai donc testé la méthode la plus simple, qui s’articule autour de trois questions directes, qui servent de point de départ à une discussion avec soi-même ou à plusieurs. Et bien pour moi, ce fut le gouffre.

 Impossible de répondre à la première question :

1- Racontez une situation qui vous rend particulièrement fièr(e)

 Le grand vide. Pourtant, à mon âge et à l’heure qu’il est, j’ai tout de même dû réussir quelques trucs pour en arriver là ! Impossible pourtant de penser à une situation ou j’ai assuré, où j’ai été bonne, de me souvenir d’une réussite ou d’un succès. Le grand blanc. Comme si mon cerveau verrouillait délibérément tous ces souvenirs.

 Quel dommage tout de même ! Donc je renonce à la question 1 et passe à la question 2 :

2- Qu’est ce que je trouve excitant dans ma vie en ce moment ?

 Alors là, facile ! Ce qui me plait en ce moment c’est d’écrire des articles pour ce blog, de penser que son design sera bientôt amélioré, et de réfléchir – vous n’imaginez pas à quel point, et c’est le plus dur pour moi – aux illustrations de chaque billet. J’essaye aussi de mieux maîtriser mon alimentation et ma vie en général, ça c’est assez nouveau en revanche, et ça me plait. J’étais plutôt ballotée dernièrement. Bref, c’est quand même un peu le serpent qui se mord la queue, et ça n’apporte pas grand chose au moulin de mes talents cachés (qui le sont vraiment très bien ; serait-ce cela ma qualité ? Cacher efficacement mes atouts ? ).

 Passons à la question 3 :

3- De quoi ai-je à me réjouir dans les jours qui viennent ? Qu’est ce que j’attends avec impatience ?

J’attends le week-end pour avoir le temps (je l’espère, car mes enfants m’occupent pas mal) de travailler sur le blog, de me lancer à faire enfin ma première vidéo (j’y tiens beaucoup). J’ai vraiment envie de vous parler, et qu’on échange, qu’on apprenne et s’apprenne des choses, qu’on partage ce qui est beau et bon.

Voilà. Je suis un peu déçue.

 Car il semblerait, d’après l’ouvrage 3 kifs par jour de Flo (Florence Schreiber), que j’aurai du me mettre à « clignoter » en parlant de tout ce que je réussis super bien grâce à ces 3 questions. Je devrais m’animer, parler plus vite et plus aigu de certains sujets, avec des paillettes dans les yeux, et cela serait l’indicateur que je serai en train de causer de mon talent, de ce que je maîtrise parfaitement, qui fait partie de moi, forgé par mon inné et mon acquis.

 Mais bof, rien.

A vrai dire, je suis un peu de mauvaise foi. Je vois bien ce dont elle parle. Je l’ai déjà ressenti et expérimenté avec mes bons amis, lors de discussions intéressantes et inspirantes. Mais la difficulté revient à la question N°1 : je ne me souviens plus du tout de quoi je parlais, ni quel thème était alors évoqué.

 J’ai donc encore du chemin à faire dans le domaine de la détection de mes forces et de mes talents… heureusement, il existe plein d’autres méthodes (Suspens haha ! Stay tuned !). L’étape suivante, en plus (car les talents ne sont pas une fin en soi, il faut s’en servir après !), c’est de trouver comment exploiter ces forces au mieux.

 Aristote nous a dit il y a longtemps :

« Où tes talents et les besoins du monde se rencontrent, là est ta vocation ».

Quel programme !

 En attendant que je trouve mes talents et ma vocation, essayez de répondre aux trois questions, et dites-moi si vous clignotez, ça m’intéresse…

 PS : Une petite astuce tout de même, il paraît que ça fonctionne mieux si on le fait oralement, à deux au minimum. (je rappelle que je parle de Strength Spotting)

La vie est-elle plus belle en anglais ?

J’ai eu la chance de faire un an d’études à Londres en 2001, grâce au dispositif Erasmus. L’anglais est depuis une langue que je lis couramment, que j’écris moyennement et que je parle avec un accent léger comme une vache normande. C’est pour cette raison que je me limite à la lecture. Et grand bien m’en fait.

english
Brian is in the kitchen.

 Avez-vous remarqué à quel point l’anglais est direct, simple, synthétique ? Bien entendu, je ne parle pas de l’anglais littéraire, pointu, délicat, et dont les subtilités m’échappent probablement. Je parle de l’anglais d’Internet, de l’anglais des médias et des blogs, celui qui va droit au but pour être compris le plus vite possible par le plus grand nombre.

 Quand je m’embourbe un peu dans mes préoccupations quotidiennes, j’apprécie particulièrement de prendre l’air en lisant des blogs ou des supports anglophones. Je me surprends même à commenter des articles, à me lancer dans des discussions, à échanger dans cette langue.

 Et c’est souvent là que la magie opère.

 A cause de mon niveau limité, je me débrouille, je copie et m’approprie ce style sans détour, et je change. Je m’échappe de moi-même, de ce moi compliqué et toujours en questionnement, ce moi qui explique comment on fait la montre au lieu de donner l’heure, qui vénère le détail et fustige le global, qui s’emmêle dans ses propres contradictions et ses mille sujets d’intérêts.

CHANGER DE VISION EN CHANGEANT DE LANGUE

En anglais je m’autorise à prendre moins soin de l’interlocuteur, à moins enluminer mes propos. C’est le sens qui prime. Je fais des phrases plus courtes, sans métaphores, factuelles. J’essaye juste de rester drôle, un minimum. Le bénéfice est quantifiable. Changer de langue pour écouter et pour s’exprimer permet aussi de changer l’angle sur les choses et les gens. Voir les choses différemment, prendre de la hauteur, penser plus global.

The big picture, comme ils disent !

 Mais cette constatation n’est pas si nouvelle. J’avais bien appris au lycée que si les grecs et les allemands avaient eu ce temps d’avance dans l’histoire de la philosophie, c’est bien parce que leur langue comprenait dans sa structure les substantifs, outils pour penser les concepts. Pas d’idées sans mots pour les désigner et les manipuler. Changer les mots pour manipuler les idées change aussi la gymnastique qu’on fait avec elles.

Penser en anglais rendrait plus heureux ? Il faudrait comparer avec d’autres langues, interroger des échantillons de personnes variées sur une longue période. La Vie en Rose parisienne, la Gemütlichkeit allemande sont-elles plus douces que la Dolce Vita italienne ? No sé.

Mais ce que je sais en revanche, c’est qu’utiliser une autre langue permet de prendre une distance avec ses habitudes. Cela nous met en équilibre, et nous donne la possibilité de s’observer soi et les autres sous un nouvel angle, ce qui est toujours bénéfique.

Que votre tailor soit rich, ou non. poupoule

Hypersensibles = Hyperhumains ?

Vous ne supportez pas les pulls en laine qui grattent, vous n’aimez pas la musique forte et les conversations superficielles vous ennuient. Vous avez le sentiment que les gens ne prennent jamais de gants avec vous, que vous faites toujours plus attention aux autres qu’ils ne le font pour vous. Vous ne comprenez pas pourquoi votre entourage n’est pas aussi touché que vous par les faits divers atroces, et comment vos amis peuvent visionner sans ciller des scènes de violence dans les films. Vous êtes probablement un des 15% d’hypersensibles qui composent notre espèce. Et ce n’est pas un défaut, bien au contraire. Bienvenue chez les rois du monde !

PENSEZ-VOUS ETRE HYPER ?

Voici ce qui définit un hypersensible :

bombyx disparate
Ceci n’est pas un lapin-papillon, mais un bombyx disparate. C’est un peu à ça que je me fais penser, parfois.

1- Une hyper réactivité à l’environnement : la foule, le bruit, la lumière, les odeurs, … les stimulis extérieurs sont amplifiés. L’envie primaire de se rentrancher au calme est la conséquence inévitable de ces agressions pourtant très ordinaires.

2- Une grande sensitivité corporelle : la sensibilité n’est pas qu’intellectuelle, elle concerne aussi le corps. L’hyper sensible supporte mal la douleur, et le contact physique est autant un plaisir qu’une agression pour lui. L’hyper sensible est également sensible à la température, à la matière des objets et des vêtements.

3- Une vie émotionnelle intense : l’hyper-développement de l’empathie est un des points les plus difficiles à gérer au quotidien. L’hyper sensible se sens invariablement responsable de l’ambiance émotionnelle de son environnement. Les émotions qu’il ressent, bonnes ou mauvaises, sont très fortes, et le temps ne les atténue que difficilement. (c’est le revers d’une mémoire exceptionnelle).

4- Une grande créativité : un fort sens esthétique, l’amour des arts et le goût intense de la musique sont des traits classiques de l’hyper sensible. La créativité n’est d’ailleurs pas qu’artistique : l’hyper sensible fait preuve d’une grande créativité intellectuelle, a beaucoup d’idées, et une capacité particulière à réfléchir par lui-même en dehors des courants dominants.

5- La quête de sens : pour l’hyper sensible, la vie ne se réduit pas au travail, à la famille, à la construction d’une sécurité matérielle, ou à une simple recherche de plaisirs. La quête de sens, le besoin de s’accomplir et de faire coïncider ses talents et ses envies dans son existence est fondamentale.

 En tant qu’hyper-sensible en chef, je peux témoigner de 35 années d’hyper émotivité, d’hyper réceptivité, d’hyper vigilance, d’hyper mémorisation, d’hyper acuité, et d’hyper fatigue, forcément. Bien sûr, je rêverai de créer une société secrète composée uniquement d’hypersensibles, un hyper club de membres hyper lucides qui réussiraient à créer une hyper connivence hyper agréable et hyper reposante, intellectuellement hyper stimulante et forcement hyper drôle.

 Vous l’avez compris, ce que j’aime dans l’hyper sensibilité, c’est bien le HYPER.

 Car j’ai toujours eu l’intime conviction que c’est cette caractéristique prépondérante de ma personnalité qui fait toute ma force, qui est mon super pouvoir magique qui me rend (presque) absolument tout possible. C’est ma différence, mon éclat, mes bottes de sept lieux.

HYPERS HUMAINS ?

L’hypersensible est à mon sens une sorte d’hyper-humain, à la fois à cause de sa capacité à tout ressentir de façon exacerbée et pointue, amplifiée, mais surtout à cause de son empathie maladive et de son besoin impérieux d’assurer un climat émotionnel de qualité là où il évolue. Une hyper humanité tout aussi philanthropique que sensorielle.

 Bien qu’il soit donc naturellement doué pour le bonheur et les interactions de qualité avec les autres, l’hypersensible ne peut atteindre la félicité que dans des circonstances préservées des désagréments de la vie quotidienne.

Si vous vous reconnaissez, voici 4 conseils testés et approuvés pour optimiser cette chance, en faire un super pouvoir effectif, et en être pleinement heureux :

1- Se déculpabiliser : vous n’êtes pas anormal, vous êtes différent ; une sorte d’humain amélioré en quelque sorte. Hors le monde n’est pas du genre amélioré, d’où certains décalages, dont vous n’êtes pas responsable.

2- Se protéger des lieux, personnes, circonstances qui vous touchent. Sans hésitation surtout : en vous protégeant de ce qui vous met systématiquement en pelote, vous préserverez votre énergie et votre moral. Et vous n’aurez plus le sentiment de subir un environnement qui vous agresse et vous ballotte.

3- Arrêter d’interpréter et d’absorber les émotions des autres. Vraiment. Et c’est le plus dur. Ou alors seulement celles des gens qui comptent.

4- Prendre conscience de l’atout que représentent l’hyper vigilance et l’hyper acuité dans la vie personnelle comme professionnelle : c’est toujours une force de réussir à ressentir intuitivement ce que pensent les gens. Cela facilite la prise de position dans un groupe, l’anticipation, la négociation, l’échange. Ne vous voilez pas la face, les situations vous surprennent rarement, vous savez toujours parfaitement ce qui est en train de se passer. Apprenez à réagir en conséquence ! Déployez vos radars, écoutez-vous, faites-vous confiance, et c’est magique ; ça fonctionne !

 Pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette description, sachez que vous êtes doté d’un bagage émotionnel et sensoriel identique à celui des hypersensibles déclarés.

 Il est seulement moins rapide ou plus sage. Néanmoins, les qualités d’hyper-sensibilité peuvent être développées chez chacun, en essayant d’atteindre la pleine conscience dans un maximum de circonstances de la vie.

 Alors au boulot !

La pensée positive ne l’est pas tant que ça

Lorsqu’on parle de psychologie positive autour de soi, on s’aperçoit rapidement qu’elle est presque systématiquement confondue avec la pensée positive. Ceci nécessite un éclaircissement.

La psychologie dite positive, lancée en 1998 par le psychologue président de l’association professionnelle la plus importante au monde en ce domaine, Martin Seligman, a pour objet l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain. Elle se construit sur des recherches scientifiques concrètes, publiées dans des revues spécialisées, révisées par les pairs, et donc conformes aux pratiques de la communauté scientifique.

La pensée positive est une affaire qui prête plus volontiers à sourire. Un peu magique, elle n’est pas un concept de psychologie, mais repose sur des ouvrages populaires internationaux de type « best-sellers », écrits par des non-psychologues. Ces ouvrages ont eu un immense rayonnement, mais ils n’ont aucun fondement solide en psychologie.

Pourtant, la pensée positive est un concept tellement familier et séduisant que tout le monde le connaît semble l’avoir déjà expérimenté. Pour obtenir quelque chose, il suffit d’y penser très fort.

De nombreux courants se réclament d’ailleurs de la pensée positive depuis le début du 20eme siècle (et vendent beaucoup de livres et de formations). La méthode Coué (de l’abbé Coué) se base sur l’autosuggestion, Norman Vincent Peal (pasteur) prône un positivisme absolu (interdiction d’utiliser la négation), Joseph Murphy recommande la répétition et la visualisation, et Rhonda Byrne (productrice de télévision) avec sa fameuse et surréaliste Loi d’attraction, en est la grande la papesse. Tout cela ne semble pas bien méchant, et on peut se demander en quoi cette discipline pourrait nuire en quoi que ce soit.

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Pourtant, la pensée positive ne l’est pas tant que ça :

1. Culpabilisante : elle stipule que la pensée est une énergie qui attire ce qui vibre à la même fréquence qu’elle : pensez et visualisez argent, sexe et fortune, et tout cela viendra naturellement à vous. (c’est le principe de la Loi d’attraction)
Donc si cela ne vient PAS à vous, c’est que vous avez faillit dans votre contrôle mental. Vous n’avez pas pensé et visualisé assez fort, assez longtemps ou avec assez de conviction. C’est donc de votre faute, et vous culpabilisez. Bien fait.

2. Nie la réalité : la pensée positive renforce le phénomène de dissonance cognitive. Nommé ainsi par le psychologue Léon Festinger en 57, ce phénomène est celui que l’on expérimente lorsque nous formulons deux pensées simultanées contradictoires. Le fumeur qui apprécie de fumer sait en même temps que cela n’est pas bon pour sa santé. Pour réduire cette dissonance cognitive, il va se persuader par auto-suggestion que fumer n’est pas si grave. Ce fonctionnement naturel du cerveau permet de prioriser les pensées contradictoires simultanées et de gérer les tensions associées. Il est donc très facile de glisser de la pensée positive à la réduction de la dissonance cognitive, pouvant aller jusqu’au déni de la réalité. Pour un malade qui doit se soigner par exemple, mauvaise idée.

3. Réduit l’estime de soi : les pensées négatives ont pour objectif, avec les positives, de nous donner un éventail allant du pire au meilleur pour analyser la réalité de notre environnement. En l’absence de son revers négatif, la pensée positive retire aux heureux événements leur saveur. Un compliment hypocrite sur un plat raté n’a pas de sens, un enfant qu’on félicite en permanence ne sait plus quand il réussit vraiment quelque chose. La pratique de la pensée positive peut égarer l’individu dans la perception réelle de son estime de soi, qui va alors, en l’absence de repères, dégringoler. Ambiance.

4. Ethiquement discutable : Pour finir, la vilaine Loi d’attraction qui régit le principe de pensée positive est profondément amorale. Selon l’effet papillon, obtenir quelque chose que l’on désire par la visualisation et la pensée positive pourrait se faire au détriment d’autrui. On choisi de vouloir quelque chose, mais pas la façon dont nous allons l’obtenir. Sympa.

Voilà. J’espère que cet article vous aura définitivement convaincu de la différence fondamentale entre la pensée positive, principe pseudo magique sans fondement scientifique, et la psychologie positive, thème de ce blog, qui est l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain.

Ce n’est pas pareil !

Si vous n’êtes pas d’accord, soyez bien sûr libres de commenter !

Les 5 clés pour changer vraiment une habitude

Moi, je suis comme vous. Même pire.

Je ne bois pas d’eau, j’ai des kilos en trop, je ne fais pas de sport, je procrastine, je ne termine pas ce que je commence, je déteste écouter les messages et répondre au téléphone. Je ne fais pas le ménage, et mille autres manies que j’aimerai changer. Donc comme tout le monde dans les trois semaines à venir, je vais tâcher de noyer mon estomac en buvant à la bouteille un liquide fade alors que je n’ai pas soif, je vais dépenser mon argent dans une salle de gym ou j’irai 4 fois en 2 jours et puis plus jamais. Je vais continuer à retarder les échéances et me culpabiliser pour cela. OU PAS.

bouteille

En effet, autant il est difficile de changer une habitude existante, autant il l’est beaucoup moins d’en adopter une nouvelle. Une habitude, bonne ou mauvaise, est une forme de confort pour le cerveau, un raccourci qui correspond à un chemin si souvent emprunté par nos neurones que la route se fait toute seule, en pilotage automatique ou presque. Changer ce chemin si bien établi est complexe. En revanche, creuser un nouveau sillon à proximité est bien plus aisé. Et un nouveau sillon permet d’abandonner l’ancien.

Alors comment prend-on une nouvelle habitude ? D’abord, quelques questions : doit-on changer ? Le peut-on vraiment ? Le veut-on vraiment ? Si vous n’avez pas 3 oui, vous allez juste encore vous mettre une pression inutile qui vous rendra malheureux. Aucun intérêt.

Si vous avez 3 oui en revanche, vous pouvez y aller.

1. Ressentir-Agir-Comprendre

Pour créer une habitude, nous devons mettre en œuvre trois facultés : ressentir, agir et comprendre. Si nous agissons sans comprendre, ou que nous comprenons sans ressentir, l’habitude ne pourra pas s’installer durablement. Ainsi, le procédé, une fois conscient et choisi, consiste à :

  1. envisager précisément la nouvelle habitude, la visualiser, se la décrire et en décrire les bénéfices anticipés. (ressentir, c’est à dire pré-sentir, grâce à notre capacité de simulation d’expérience, le bien que l’on tirera de cette nouvelle pratique)
  2. mettre en œuvre concrètement ce qu’on a imaginé : 21 jours, 66 jours, cela dépend de la difficulté, mais une pratique ne devient rituelle qu’après un certain nombre de répétitions (il faut tracer le nouveau sillon, c’est « agir »).
  3. évaluer ensuite ce qu’il s’est passé dans notre esprit, et quantifier le bénéfice. C’est l’examen de validité de la nouvelle habitude, nécessaire pour qu’elle soit confortée inconsciemment. (c’est « comprendre »).

2. Formuler positivement l’habitude à créer

Un obstacle à la mise en place d’une nouvelle habitude peut se présenter sous la forme du phénomène de « restriction cognitive ». Bien connu des personnes pratiquant des régimes alimentaires restrictifs, il est l’effet rebond de la privation. Plus on surveille une pensée à oublier, plus elle devient obsédante (remplacez pensée par chocolat ou cigarette, et vous verrez de quoi je parle…). Et quand on craque, on agit de façon disproportionnée. Responsable de l’effet « yoyo » de la prise de poids, cette réaction incontrôlable du cerveau s’applique à tous les domaines, et peut mettre à mal les meilleures intentions pour changer une habitude. Il ne faut pas stresser le cerveau avec des idées de privation, il y est très sensible ; ça doit être un héritage de nos ancêtres sapiens…

 Pour optimiser le succès, il faut donc formuler positivement l’habitude à créer, pour qu’elle n’ait pas l’air d’être une modification d’un chemin existant, mais bien la création d’une nouvelle voie neuronale.

 Je vais commencer à boire un peu d’eau entre les repas. Je vais commencer à marcher un peu avant d’aller travailler.

3. S’appuyer sur une habitude existante

Pour atteindre son objectif d’augmenter son activité physique par exemple, on peut utiliser le chemin que l’on prend pour aller au travail, et non pas s’arrêter avant (ça changerait une habitude) mais s‘arrêter plus loin (ça c’est nouveau).

 Pour ma part, la seule résolution que j’ai tenue en 2014 a été de lire davantage. Pour ce faire, je me suis facilité les choses en achetant mes livres au format dématérialisé et en les lisant sur mon smartphone, partout, dès que je le pouvais. Je n’ai pas acheté de liseuse, qui aurait posé le même problème logistique que les livres. (je ne dois pas l’oublier, elle doit être rechargée, etc… ). Je me suis appuyée sur une habitude existante et bien ancrée, l’usage de mon smartphone. Moins confortable que le papier, ce système m’a permis avec quelques efforts d’atteindre mon objectif, et aujourd’hui je retiens aussi bien ce que je lis sur un écran que sur du papier imprimé.

4. Garder un mémo visuel

Embarqués dans la vie de tous les jours, au fil de nos sillons si bien creusés, nous pouvons rapidement oublier que nous avons souhaité commencer quelque chose de nouveau. Un petit memo visuel peut nous rappeler notre volonté, sous la forme d’un brin de coton de couleur noué autour du poignet. C’est l’équivalent présentable d’écrire « pain » sur le dos de sa main au stylo bille pour ne pas oublier de l’acheter. On garde ce bracelet de démarrage jusqu’à ce que l’habitude soit prise. Notez qu’il est évident qu’on ne peut pas commencer trop de nouveaux rituels d’un coup : trop de bracelets sur le poignet, c’est le bazar neurologique assuré ! (j’ai le sens de la formule !)

cordonhabitude

5. Se faciliter les choses

Acheter une brosse à dents électrique, la Rolls des épilateurs ou des rasoirs, le meilleur sèche-cheveux, si on a décidé de devenir impeccable. Poser des demi RTT deux fois plus souvent que des journées entières pour passer plus de temps avec ses enfants en évitant les journées marathons épuisantes (pour tout le monde). Acheter des bananes si vous ne voulez plus manger de biscuits, parce que n’avoir rien à grignoter c’est trop dur.

Ne prévalez pas de vos forces, ménagez votre monture et vous irez plus loin dans l’installation des nouvelles habitudes, que vous aurez choisies et qui vous feront du bien.

 A vous, et pas aux autres.

On est bien d’accord.

Bonheur naturel ou synthétique ?

Pour être parfaitement honnête, je voulais créer et animer un blog de mode.

J’ADORE les blogs de mode. Comme celui de Betty, de Stéphanie, d’Alix, de Marion… J’y passe des heures, à regarder des belles photos filtrées de jeunes femmes élégantes, étonnantes, et stylées sur des fonds urbains ou tropicaux. Je regarde leurs sélections shopping, je clique sur les liens, je remplis des paniers virtuels avec leurs vêtements coûteux et rares, leurs accessoires pointus mais improbables pour ma vie quotidienne. J’aime leurs physiques variés et leur goût pour l’objet, l’image, la mise en scène. Et c’était vraiment cela que j’aurai voulu vous offrir.

 Mais je n’ai ni le budget fringues, ni le physique, ni le photographe, ni le temps, ni les idées, ni rien de ce qu’il faudrait pour tenir un blog de mode inspiré et inspirant. Alors j’ai fais un blog sur la psychologie positive, ma psypopote, qui m’apporte beaucoup.

Pourquoi ? Parce que j’ai intuitivement compté sur « mon système immunitaire psychologique », c’est à dire la capacité de mon cerveau à s’adapter à un événement que je n’ai pas souhaité, ou qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Le professeur Daniel Gilbert, de l’université de Harvard, explique ce concept en distinguant le bonheur naturel, que l’on obtient lorsque qu’on atteint un objectif fixé, et le bonheur synthétique, qui découle de notre adaptation positive, notre rebond, à une situation que nous n’avons pas choisie.

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 La question fondamentale sur ce sujet reste tout de même : lequel de ces deux bonheurs est le plus appréciable ?

Spontanément, on aurait tendance à penser que le bonheur synthétique n’est qu’un bonheur de second choix, une adaptation bon gré mal an aux événements qui nous dépassent. Certainement moins épanouissant, donc, que le bonheur naturel, plus évident, plus noble, qui est synonyme à la fois de chance et de reconnaissance des efforts fournis.

 Détrompez-vous ! Cette capacité au bonheur synthétique est une grande force. Notre grande force d’humain.

Chaque journée, chaque semaine, chaque année a ses déceptions et ses échecs, incontournables dans un monde que nous ne pouvons contrôler. Rester hargneux et regretter éternellement les opportunités ou les buts qui nous échappent nous rendrait simplement la vie impossible. On s’adapte pour rester heureux, en dépit de l’adversité de ce triste monde cruel. Nous sommes tous dotés de ce système immunitaire psychologique, cette faculté de fabriquer le bonheur, mais bien sûr, certains le font mieux que d’autres. Et dans certaines situations seulement ; la fabrication du bonheur synthétique est en effet plus efficiente en cas d’impasse, lorsque nous n’avons pas le choix. La liberté de choix au contraire n’est pas favorable à la fabrication du bonheur synthétique, car la multiplicité des alternatives entraine la possibilité du regret. Dans mon cas, pas de regret d’avoir choisi un blog de psychologie positive à la place d’un blog de mode, car je n’avais pas le physique approprié pour ce projet. L’œuf du neuf me rend en revanche sincèrement heureuse, bien plus qu’un blog de mode tenu par moi ne le ferait. Bonheur synthétique, bonheur à part entière.

 C’est ce processus qui est en œuvre également, à plus grande échelle, lorsque les personnes, après un accident de la vie, relèvent la tête et rebondissent. Une fois la tempête passée, leur inconscient rend acceptable ce qu’ils ont déjà, illumine ce qui reste pour qu’ils puissent reprendre la route. Ils changent de vie, prennent les choses en mains, et remontent sur le canasson du bonheur. Un canasson synthétique, mais qui va les porter vers leurs objectifs et leur permettre une nouvelle vie heureuse.

 De par sa nature « endogène », le bonheur synthétique est donc souvent plus durable que le bonheur naturel ; il est comme un système embarqué, nous le confortons inconsciemment. Le bonheur naturel, « exogène », beaucoup moins contrôlable, reste beaucoup plus aléatoire.

 Et vous, votre bonheur, vous le prendrez naturel ou synthétique ?

Pourquoi la Psychologie Positive dans l’Oeuf ?

 

(Attention spoiler, c’est un peu long, je raconte ma vie)

La panne

Comme tout le monde j’ai des hauts et des bas, mais globalement, jusqu’à il y a quelques années, j’avais plutôt des hauts. J’avais le sentiment que la vie était belle, que j’avais de la chance pour tout et que tous mes projets se réalisaient facilement. Cela paraissait presque magique. Ce que j’ignorais à ce moment, c’est que j’étais en fait naturellement douée pour le bonheur. Dans mon état originel, j’activais en permanence et sans en avoir conscience les leviers d’un optimisme franc mais réaliste, d’une estime de moi sincère mais sans crânerie, de relations authentiques et fortes avec les autres.

Et puis un jour, je suis tombée en panne.

C’est venu d’un coup, précisément le jour (la nuit plutôt) où exceptionnellement, je ne m’étais pas fait confiance. Je devais aller signer le compromis de vente de l’achat d’une maison. Après une nuit d’angoisse dramatique durant laquelle j’ai convoqué à mon chevet des amis décontenancés par mon état d’hystérie avancée, j’ai annulé la vente et j’ai laissé passer une occasion que j’ai longtemps regrettée. En fait, c’est le projet que j’ai regretté. La maison en soi nécessitait beaucoup de travaux, ma fille ainée n’avait pas 2 ans et l’énergie et l’argent auraient peut-être manqué. Mais écoeurée, je n’ai plus regardé d’annonces depuis.

J’avais au même moment des difficultés professionnelles, liées au management de personnalités complexes dans mon équipe, l’état de santé de mon enfant restait préoccupant, comme le chômage de mon conjoint, et je me sentais en permanence coupable de vivre si loin de ma famille. Est-ce la somme de tout cela ? La goutte qui a fait déborder mon vase ? Quoi qu’il en soit, depuis cette nuit-là, je n’avais plus jamais été la même.

Rock’n roll suicide

Je commençais d’ailleurs, au fil des années, à m’habituer à ce nouveau moi, moins gai, moins dynamique, moins présent, plus mécanique. Je me disais qu’après tout c’était normal, qu’on change en vieillissant, avec les enfants, patati patata…Quand par le plus grand des hasards de l’Internet, je suis tombée sur le top 10 des cadeaux à s’offrir entre copines. Un livre y figurait en 5ème position, après la batterie externe pour smartphone, et avant le sèche-cheveux pour boucles wavy. Le titre m’a plu, en 2 clics j’étais sur Google livres, où je l’ai acheté au format dématérialisé après en avoir lu les premières pages. (je lis beaucoup sur mon smartphone, je vous en parlerai peut-être).

Ni délire positiviste, ni secte zen ; une discipline scientifique à part entière

J’ai découvert avec ce livre le concept de psychologie positive. J’ai alors mis un nom, des mots et du vocabulaire sur tout ce qui était si intuitif pour moi auparavant, sur tout ce qui avait aidé ma réussite passée sans effort et avec peu de stress, tout ce qui m’avait toujours permis de transcender les difficultés et de flotter agréablement dans une existence tendre et douillette, émotionnellement confortable et heureuse.

Ainsi passionnée par le bonheur, la joie et le bien-être (mon hypersensibilité serait-elle en cause ?) depuis l’adolescence, la philosophie m’avait autrefois fascinée, mais elle ne donnait pas de réponses ; elle ne proposait que des méthodes pour s’interroger. Plus tard, plus âgée, la psychologie m’a parut une piste intéressante… Hélas pour moi (et le bonheur), cette discipline ne cherche qu’à guérir les esprits blessés… et a trop à faire pour s’occuper de ceux qui vont bien !

J’ai retrouvé au travers des lectures qui ont suivi de plus en plus de bribes de moi-même, comme si je recollais les morceaux d’une photo déchirée. J’ai ainsi découvert les fondements d’une science, testée, approuvée, dont les résultats quantifiables conféraient aux expériences menées une validité sans réserve. Cet aspect a été essentiel. Peu spirituelle et plutôt cartésienne, je ne crois que ce que je vois, c’est à dire ce qui peut m’être prouvé par des protocoles scientifiques clairs, accessibles à ma compréhension.

PSY PO !

La psychologie positive (je l’appelle déjà familièrement psypo), qui doit être clairement dissociée de la pensée positive (horreur !) n’a rien d’ésotérique, de zen ou de sectaire. Cette discipline a pour objectif d’optimiser la capacité de chacun à être plus heureux, à partir d’attitudes et d’exercices validés scientifiquement sur nos petits cerveaux d’animaux. L’idée est de « re-câbler » les esprits (comme le mien par exemple) sclérosés par la vie quotidienne ou des chocs ponctuels. Il s’agit de retrouver les automatismes de l’optimisme, pour mieux saisir les opportunités, réduire le stress, s’adapter aux changements et globalement, se sentir mieux durablement. Pour moi cela a bien fonctionné, et je suis repartie sur les rails de ma vraie personnalité, je me suis retrouvée en phase avec un moi que j’aime à nouveau, et qui me va bien comme une bonne chaussette.

C’est comme cela que la psychologie positive a trouvé sa place sur ce blog, car elle m’est apparue comme un outil en plus pour m’améliorer, en cultivant l’optimisme, l’humour et la bienveillance…

Il n’y a pas de mal à se faire du bien, non ?