Psy-po : pas un truc de hippies !

pinuphippie

Il n’y a pas longtemps, c’était l’anniversaire d’une copine. J’y ai rencontré beaucoup de mes amis proches, j’y ai bu des cocktails excellents et badiné comme tout un chacun dans ces circonstances. Au rayon des « tu fais quoi en ce moment ? », j’ai essayé de parler de psychologie positive à mes amis, et de ce blog.

 Je n’avais peut-être pas choisi les meilleures personnes pour en parler, puisqu’il s’agissait de gens qui avaient déjà tout choisi dans leur vie : leur façon de vivre, d’habiter, de travailler, de voyager… Donc la notion d’être acteur de sa vie et d’essayer de l’optimiser pour en avoir les meilleurs souvenirs possible était pour eux une notion aussi évidente que de se moucher quand on a le nez qui coule au lieu de se laisser déborder par la morve. Bref.

 J’ai tout de même expérimenté à ce moment la difficulté de communiquer à mes amis ce que je voulais personnellement tirer de la psychologie positive. J’ai aussi été confrontée à leurs idées reçues, notamment la confusion avec la pensée positive, et surtout, je me suis sentie bête de devoir admettre que j’avais cherché une béquille pour me soutenir et me relancer à un moment ou je n’étais pas au mieux.

Pour moi, c’est de ça qu’il s’agit :

Rêve en grand, travaille dur, reste concentré et entoure-toi des bonnes personnes.

Mais j’avais honte qu’ils pensent que c’était de ça qu’il s’agissait :

« Vous donnez peu lorsque vous donnez vos biens.
C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment. »

C’est à dire la soupe développement personnel de supermarché…Tout ça parce que je n’arrivais pas à leur expliquer clairement les enjeux de mon sujet. Je vais donc tâcher de m’éclaircir moi-même les idées avec la rédaction de cet article, car

 « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément »

(Nico Boileau Despréaux).

 Et je ne veux plus jamais me retrouver dans cette situation de confusion décrédibilisante pour moi et mon sujet, que je trouve plus que passionnant : fondateur.

 Dès le départ, la psychologie positive est difficile à expliquer à cause de son intitulé. S’intéresser à la psychologie, c’est avoir un problème à résoudre. (Si tu veux faire un régime, c’est que tu es grosse). La psychologie étudie les âmes cabossées, les esprits en miettes ou juste écornés, mais pas les esprits sains, vigoureux et prêts à grandir. Et si en plus on qualifie cette psychologie déjà suspicieuse de « positive », on achève de la faire passer pour une méthode Coué prétentieuse et surtout peu cartésienne. Zéro crédit.

 Peut-être que si déjà on changeait son nom, on pourrait en parler plus facilement, sans devoir mettre des gants et prendre des milliers de précautions, du type : « Tu me connais, moi, les machins ésotériques, c’est vraiment pas mon truc, blabla, mais ça…bon, c’est mon avis… ». Alors qu’il ne devrait rien y avoir à justifier de plus que par exemple, pour parler d’une technique managériale à un dîner. Personne n’y verrait une quelconque inclination chamanique.

 La psychologie positive n’est pas une croyance ni une béquille morale, c’est un trousseau de clés, une boite à outils pour un bien-être et une réussite personnels optimisés. Qui a en général pour conséquence finale une satisfaction augmentée, donc plus de bonheur. Et le cercle vertueux est alors amorcé, pour d’autres projets qui vont réussir, et accentuer le bonheur déjà acquis. C’est un cercle d’actions qui offre un avenir dynamisé, efficace, avec des perspectives amplifiées.

 Ce sont des méthodes, à la carte, pour se donner le coup de pouce qu’il peut parfois nous manquer pour nous bouger les fesses. Le reste, nous le faisons tous seuls. Et ce sont ces méthodes pratiques que je tâche d’explorer dans ce blog, pour vous en faire le témoignage le plus objectif possible.

 La psychologie positive souffre en français d’un déficit d’image :

  • à cause de son nom, qui manque de concret,
  • à cause de son origine américaine, qui suscite méfiance et vilaines valeurs capitalistes
  • à cause de son objectif, en inadéquation avec notre environnement judéo-chrétien, au sein duquel la recherche du bonheur individualiste serait malvenu, égoïste et vaguement répréhensible.

Je me propose dans un prochain article de réfléchir à un nom plus juste et plus attractif…Je pense sincèrement que la discipline y gagnerait.

Mise à jour du 19 avril 2015 : En poursuivant mes lectures, j’ai pu apprendre que « psychologie positive » est la traduction scientifique de la « psychologie humaniste » (Rogers, Maslow…), elle-même issue de la pensée existentialiste née en réaction aux horreurs de la Seconde guerre mondiale. Cette appellation de psychologie humaniste est effectivement bien plus adaptée, dans le sens où elle fait référence à un concept plus ancien et ancré dans une réalité référante pour tous.