DEMANDER (ENFIN) DE L’AIDE

Je fais partie des gens pour qui une réussite n’est pas complète si elle n’est pas personnelle. 

Si quelqu’un m’a aidé à réaliser un projet, et que ce projet est un succès, je ne peux pas l’apprécier avec autant de satisfaction que si j’en étais la seule à l’origine.

Les conséquences de ce caractère un peu solitaire sont multiples :

  • Dans ma vie professionnelle, comme manager, j’ai du mal à déléguer
  • Dans ma vie de famille, j’ai du mal à déléguer
  • Dans ma vie personnelle, j’ai du mal à déléguer

Résultat : Comme je fais beaucoup de choses moi-même parce que je ne fais pas confiance aux autres, les choses deviennent difficiles. Je deviens fatiguée.

Du coup :

soit j’en oublie la moitié, et je culpabilise,

soit je ne les réalise pas de façon satisfaisantes, et je culpabilise,

soit je les annule carrément, et je culpabilise.

Je fais moins de choses, car tout me paraît difficile, et, toute cette culpabilité plombe mes idées, en me procurant le sentiment de ne plus avoir l’énergie de mes envies.

Et bing, re-culpabilité.

La solution à tout cela serait simplement d’accepter de m’en remettre un peu plus à autrui.

J’ai eu une conversation intéressante au sujet du lâcher-prise, terme dont le sens m’échappe, sémantiquement et conceptuellement.

Je ne vois pas de quoi il s’agit, mais j’ai l’intuition que s’appuyer sur les autres et donc accepter leur façon de faire sans stress est une forme de ce fameux lâcher-prise.

S’appuyer sur les autres, les remercier pour leur aide, apprécier ensemble les succès permet forcément la réalisation de plus de projets.

Partager les tâches, mais aussi les doutes qui enrayent la motivation, les peurs qui bloquent les réflexions constructives, c’est se donner des chances supplémentaires d’avancer sur le chemin des réalisations concrètes.

Il n’y a pas de honte à demander de l’aide, même si j’ai toujours l’impression, que si, un peu.

Je vous laisse avec cette jolie illustration de Chibird, qui a toujours le mot (et l’image) qu’il faut !

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Cela sera donc ma résolution 2016, parler davantage, moins rester dans mon coin, échanger pour avancer… Mais ce n’est pas gagné ! :D

Et vous, vous y arrivez facilement ?

PLEINE CONSCIENCE EN TOUTE CONSCIENCE

nirvana

Dernièrement on parle beaucoup de pleine conscience. Mindfulness. 

Je tourne autour du truc depuis un petit moment, en l’observant du coin de l’œil, d’une part parce qu’il est inratable médiatiquement, et d’autre part parce que tout ce qui touche au yoga et à la méditation me fait bien rire, et que je suis trop snob pour me pencher dessus avec bienveillance.

Cela me fait bien rire car j’ai l’impression, comme d’habitude, que la terre entière va tout d’un coup méditer par effet de mode, que tout l’occident va tomber dans la pleine conscience comme elle est tombée dans le running il y a quelques années. Si vous n’en avez jamais entendu parler, en voici une définition sur Wiki. Ainsi, bien que la pratique et ses bénéfices potentiels me tentaient, je n’osais y tremper l’orteil. Par chance, j’ai rencontré quelqu’un de calé sur la question dans le cadre de mon travail. Il m’a indiqué que fondamentalement, la méditation, la pleine conscience, la mindfulness, c’était juste la concentration, tout simplement, mais pour les nuls. Comme je suis prétentieuse, ça m’a rassuré. Je me suis dis que si c’était juste ça, je savais déjà le faire, qu’il suffisait de le mettre en pratique pour en tirer tous les bénéfices vantés sur la toile et au-delà.

Et puis je n’y ai plus pensé. Et puis je suis tombée sur cet article là, qui définissait enfin un peu plus précisément la question.

Je me enfin suis dis : « bon, je vais QUAND MEME essayer, mais DISCRETOS ».

J’ai commencé facile. Au volant de ma voiture, parce que c’est typiquement l’endroit et le moment où je pense à tout sauf à ce que je fais. Pas vous ? Et puis personne ne peut alors savoir ce que je suis en train de mindfuler, même en public. Aucun risque de ridicule. Donc j’ai commencé à prêter délibérément attention à mon environnement, visuel dans un premier temps. Et vous savez ce que j’ai vu en premier ? Les panneaux de signalisation du code de la route !

Je n’avais jamais remarqué qu’il y en avait autant ! Il y en a partout, beaucoup, ils me sautaient au visage ! Ensuite, j’ai fait attention aux palmes des cocotiers qui bougeaient dans le vent, et puis au ciel, et puis à la montagne. Et puis à nouveau aux panneaux (c’est ce qu’on voit le mieux quand on conduit on dirait !).

Alors que j’étais dans cet état de conscience « concentrée », ou attentive plutôt, un son est tombé dans mon oreille surprise. La radio annonçait « le GRAND David Bowie« . Ceci m’a forcément interpellé, avec le morceau « the man who sold the world ».

J’ai écouté l’intro dans mon état de conscience attentive, donc, et là, forcément, ma pensée a dérapé. Dès les premiers accords, on note clairement la déformation de la voix, très avant-gardiste. Mon esprit a pilé net sur ce détail, et s’est précipité en 1994, année de la multidiffusion sur les ondes du MTV Unplugged in New-York de Nirvana. Dans cet album et son mythique DVD, cette chanson est interprétée sobrement en gilet déchiré par le roi Kurt… Qu’est ce qu’il était beau ! Si blond, si froid, assis tout recroquevillé sur sa chaise de bureau avec sa guitare sèche dans les lumières roses et bleues de la scène, entouré de toutes ces fleurs de lys blanches, et puis il y avait des bougies aussi je crois… Et sa voix… J’ai fais un effort pour me remettre dans l’attention du moment présent. J’étais partie dans mes 15 ans comme en quarante, complètement déconnectée. J’ai recentré mon attention sur le morceau de musique. (Je conduisais toujours, hein, mais on mindful sur ce que l’on peut, surtout la première fois!). J’en ai écouté les finesses que je n’avais finalement jamais vraiment entendues. Cette rythmique qui semble jouée avec une crécelle ou une horloge qu’on remonte, puis avec une boite de riz, et cet écho dans le mixage, cette distance vertigineuse de la voix… Ou alors c’est parce que j’étais trop habituée à la version de Nirvana. Qui sait? J’étais déjà repartie. Pas facile la pleine conscience !

Comme il me faut 8 minutes pour rentrer chez moi et que j’ai quand même fait attention aux voitures en face et aux fossés au bord de la chaussée, j’ai rapidement interrompu l’expérience. J’ai voulu le refaire au lit une fois couchée, mais je me suis endormie trop vite. J’ai recommencé plusieurs fois au volant, avec les mêmes résultats : une hyper vigilance proche de celle qu’on met en œuvre dans le cadre de l’apprentissage.

Car cette « pleine conscience » ressemble à s’y méprendre chez moi au « mode » dans lequel je me mets inconsciemment quand je dois retenir quelque chose. Et de fait, cela fonctionne très bien. Je pense que je me souviendrais à présent toujours du son de la rythmique de la version originale de « the man who sold the world »…

Et de ma première expérience de pleine conscience… consciente !

Je ne sais pas encore si les bénéfices de cette pratique sont palpables, mais je vais poursuivre mon entrainement secrètement…Je vous tiens au courant !

BRILLEZ AVEC LE MAGRET SALé MAISON

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Je suis une grande partisane de ce qui facilite la vie en TOUTE SIMPLICITE.

Avec ce magret cuisiné en 1 minute montre en main (sans compter l’ouverture du sachet de gros sel), vous allez briller dans les dîners comme un fin gastronome épicurien,et j’en passe. Libre à vous de dire ou non à quel point cette recette est simplissime.

Ingrédients : 

  • Un magret de canard frais (le moins gras possible)
  • 1 kilo de gros sel
  • Un torchon en coton propre
  • Un lien (ficelle, ruban, bolduc…)
  • Optionnel, mais qui fera toute la personnalité de votre œuvre : herbes de provence, poivre, baies roses, sauge, laurier, piment…

Recette : 30 premières secondes de la recette : 

  • Dans le fond d’un saladier, déposez 2 à 3 cm de gros sel.
  • Posez le magret dessus, le gras vers le bas. (selon vos goûts, coupez un peu le gras qui dépasse.)
  • Recouvrez intégralement le magret d’un à deux centimètres de gros sel, tassez bien, que rien ne dépasse.
  • Couvrez le saladier avec une assiette ou le torchon propre.
  • Laissez reposer à température ambiante 18 heures. (pour moi le degré de salage idéal, plutôt sec, mais pas trop trop)

30 dernières secondes de la recette :

  • 18 heures plus tard, sortez le magret du sel, époussetez-le un peu.
  • Déposez le dans le torchon étalé bien à plat sur une surface propre
  • Ici, c’est la partie optionnelle où vous mettez les aromates que vous voulez (moi je l’aime bien nature aussi).
  • Emballez-le bien serré avec un joli pliage.
  • Nouez (saucissonnez) votre magret dans le torchon avec le lien.
  • Déposez le paquet dans le bac à légumes de votre réfrigérateur pendant minimum 3 semaines.

3 semaines plus tard, vous pouvez l’emporter chez les gens, le déballer théâtralement et le découper comme du saucisson à l’apéro sur une jolie planche en bois. (vous n’êtes pas obligé de manger le gras, c’est chacun ses goûts).

Ou bien débiter des tranchettes et les mélanger à une salade gersoise. Ou alors en faire des toasts.

C’est comme vous voulez, mais je vous préviens, ça déchire !!!

Bon appétit

TESTEZ LES MICRO-MOMENTS D’AMOUR

panda mignon

Une petite collaboration de l’Oeuf avec le nouveau magazine réunionnais et décalé Zen&Zolie : cet article est parut dans l’excellent premier numéro, retrouvez toutes les infos ici !

Le concept de la rubrique : « La psychologie positive testée et approuvée (ou pas) » : La psychologie positive est un domaine de recherche scientifique qui s‘est donné pour but d’étudier et de renforcer les émotions positives, celles qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre. Etre plus heureux et heureuses en somme ! Cette discipline propose de nombreuses méthodes pour atteindre ces objectifs de folie, alors je les essaie concrètement pour vous, sans langue de bois !

 Aujourd’hui, je teste les MMO : les micro-moments d’amour

 Le postulat de départ :

L’amour dont on parle aujourd’hui est un micro-moment de chaleur et de relation que l’on partage avec quelqu’un d’autre. Fugace et éphémère, cet instant est conditionné par un certain nombre de facteurs que nous pouvons mettre en place volontairement pour le favoriser. Ces micro-moments d’amour (MMO), accumulés au cours des journées et des mois, doivent nous procurer davantage d’énergie et d’engagement dans nos activités quotidiennes, de la sérénité, de la joie et d’autres émotions positives. Le jackpot du bien-être, le grand kif garanti sans mojitos ni louboutins !

Rien que ça. Le test va donc consister à évaluer la portée de quelques MMO judicieusement installés au cours de la journée. Hop.

La méthode de test :

Aujourd’hui, je vais rechercher trois occasions au moins d’établir avec les autres une relation chaleureuse, respectueuse et bienveillante. Chez moi, au travail, dans mon quartier ou dans la rue. Je vais tâcher de m’ouvrir aux autres en leur accordant toute mon attention, en créant un sentiment de sécurité par le regard, la conversation ou même le toucher, si les circonstances s’y prêtent. Hum.

Le TEST :

Je me mets dès le matin en mode MMO. Je visualise « chaleureuse, respectueuse, bienveillante » en fermant les yeux et en respirant par le nez. Je pense tout de suite au panda géant du WWF. (J’étais ado dans les années 90). Je m’habille de façon neutre, robe au genou sans décolleté, chaussures plates. Je fais en sorte que seule mon intention soit chaleureuse, pas ma jupe. Je ne dois pas bi-aiser le test.

- Première rencontre : Une collègue de travail. Hop, mode Panda. Gros yeux chaleureux respectueux et bienveillants (je dois être juste flippante…). Je l’englobe de mon amour bienveillant pour la mode et la complimente sur sa robe. Ce n’est pas vraiment du jeu car je fais ça tous les matins. Alors j’y mets un peu plus de moi-même, et la questionne avec un peu plus de présence et d’intention. Où l’a t elle achetée, et quand ? Et je me prépare à écouter la réponse avec intérêt (panda attentif). Et là, surprise, elle me raconte une anecdote plus personnelle autour de l’achat de la robe. Petit moment rigolo et sympa de partage impromptu entre filles.

- Deuxième rencontre : Je vais acheter des bouchons pour mon déjeuner au snack à côté du travail. Le jeune homme au comptoir a l’air assez débordé et un peu contrarié par la pression que lui mettent les acheteurs d’américains poulet. Lorsqu’il croise mon regard, je le « pandaïse » direct. Mon regard chaleureux doit passer pour de la tendresse puisqu’il me sourit, me sert gentiment en discutant (pendant que je poursuis ma concentration pour le napper de ma bienveillance attentive) et écrit son gsm sur la serviette en papier qu’il me tend avec ma barquette de sauce siav ! La panda attitude serait-elle proche de la drague ? Quoi qu’il en soit, cette flatterie me réjouit le cœur et je me sens plus légère dans mes ballerines.

- Troisième rencontre : Je vous dirais seulement que j’ai rencontré une grand-mère qui avant des grands yeux bleus, et qu’avec mes lunettes de panda, j’y ai vu une vraie personne à part entière et pas une mamie parmi d’autres. J’ai eu l’impression en 3 minutes de faire une vraie rencontre, et je me souviens du visage de cette femme souriante.

 La conclusion : Naturellement, je ne suis pas quelqu’un qui manifeste beaucoup affectivement. Or c’est autant au corps qu’à l’esprit que cette expérience m’a fait du bien. Sans en faire trop, ces MMO aux conséquences variables ont tous eu un effet commun : me procurer des émotions positives. Je me suis sentie un peu comme après la piscine, fraiche, détendue et en forme, avec une petite faim (pour la vie ?).

Alors, vous allez essayer ?

Pour aller plus loin : Love 2.0 de Barbara Fredrickson,

SOURIEZ, ça va MARCHER !

chesshirecat

Le bien-être nous fait sourire, mais l’inverse est-il vrai ? Est-ce que simplement sourire peut nous apaiser et peut nous aider à réduire notre stress ? C’est objet de cette étude publiée en 2012 dans la revue Psychological Science.

Nous sommes capables de sourire de deux façons :

  1. en utilisant uniquement les muscles entourant la bouche, pour un sourire dit standard, utilisé comme une forme de politesse ou de défense.
  2. en engageant les muscles qui entourent la bouche et les yeux. Ces sourires véritables, appelés aussi sourire de Duchenne, sont les sourires sincères et spontanés.

Tara Kraft et Sarah Pressman, toutes deux psychologues et chercheuses à l’Université du Kansas, ont mené une expérience visant à étudier comment différents types de sourire et la conscience de ces différents types de sourire affectent la capacité des personnes à récupérer d’un épisode de stress.

169 étudiants ont été soumis à des situations dites “de stress”, c’est à dire inconfortables, comme reproduire avec la main non dominante un motif présenté dans un miroir, ou plonger une main dans une bassine d’eau froide. Parallèllement, ils devaient, selon le groupe dans lequel ils avaient été répartis au hasard, tenir dans la bouche un bâtonnet de manière à engager les muscles du visage utilisés pour créer une expression neutre, un sourire standard ou un sourire de Duchenne.

La moitié des étudiants seulement recevait la consigne explicite de sourire, alors que l’autre n’avait pas de consigne spécifique, mais tenait un bâtonnet de telle façon qu’ils exprimaient une expression neutre, un sourire standard ou de Duchenne. Le rythme cardiaque des étudiants était mesuré et les participants rapportaient individuellement leur niveau de stress ressenti.

Les conclusions de l’études sont extrêmement intéressantes, car elles tendent à suggérer que le sourire peut effectivement influencer l’état physique.

En effet, les participants qui présentaient des expressions faciales neutres, avaient une fréquence cardiaque plus élevée après les activités stressantes que ceux qui devaient sourire, et la l’écart était encore plus flagrant avec le groupe qui devait produire un sourire de Duchenne,.

Ceux qui devait tenir les bâtonnets d’une manière qui les obligeait à sourire, mais qui n’avaient pas la consigne explicite de le faire, ont aussi rapporté un bien-être moins affecté par les épisodes inconfortables que ceux qui devaient présenter des expressions neutres.

Conclusion : sourire durant de brefs épisodes de stress peut donc aider à réduire l’intensité de la réponse de notre corps à ce stress, indépendamment du fait de se sentir heureux.

Le message est clair ! Essayez au moins une fois aujourd’hui, souriez pour rien, juste pour vous sentir mieux…

Vous allez être bluffé, parce que ça fonctionne !

POURQUOI TU COURS ?

Capture d’écran 2015-04-15 à 12.02.18chacun ses objectifs…

Je n’aime pas courir. Je trouve cela difficile et ennuyeux. Je trouve cela dur, ça me fait perdre mon temps. Ce temps qui déjà me manque tous les jours. Alors courir, et courir pour rien en plus, vous n’y pensez pas !

C’était ma vision ferme et définitive, jusqu’à ce que je lise ce point de vue, qui a fait voler en éclats mon préjugé. Ce témoignage tout simple a enfin donné du sens à cette activité qui m’en paraissait totalement dénudé. Ce texte m’a donné envie de me mettre en marche, moi aussi. De ne pas me laisser faire par l’existence, mais d’en prendre une partie du contrôle. 

« La course et (est ?) la vie.

Lorsque je vois un homme ou une femme courir dans la ville, je me dis qu’il ou elle se bat, qu’ils sont debout. Ils pourraient être couchés, à la maison, enfermés, renfermés, fuyants. Non. Ils ont décidé de mettre leur running fluo et d’y aller. La neige, le froid, la canicule, la pluie battante n’y changeront rien. Leur décision est intérieure, métaphysique. Courir, c’est vivre. C’est passer de la passivité à l’activité, affronter son angoisse, ses pensées encombrantes, sa nervosité, son corps trop lourd, sa possible soumission. Chaque mouvement inscrit le coureur dans une action vers le monde et hors d’un soi figé et plus confortable. C’est courageux. Vaillant. Les coureurs sont des chevaliers modernes qui affrontent leur dragon intérieur. Je les admire en silence quand je les croise sur un pont, une piste, une route, un jardin des Plantes. J’y ai un jour rencontré un écrivain dont les foulées s’accordaient aux miennes « Pourquoi tu cours ? – parce que je bois trop. Et toi pourquoi tu cours ? – Parce que je mange trop. » J’ai adoré. Ses mots, comme ses pas, étaient un noble refus de l’anéantissement. (…) Courir, c’est affronter les nuages et les orages de sa vie. »

Marianne MAIRESSE rédactrice en chef de ELLE, édito du mois de février 2015

J’ai commencé à faire du sport. Pas pour mincir, pas pour la fermeté ni le défouloir, mais pour le contrôle. Vous connaissez probablement cette sensation, tellement de gens sont sportifs ! Mais si comme moi vous étiez définitivement réfractaire, j’espere que ce mot vous donnera un angle supplémentaire de réflexion sur le sujet :)

Le passage des cyclones

cyclones

Sans cesse dans la comparaison, nos vies quotidiennes ne se satisfont plus que du mieux, du prochain, du pas encore là, tout en critiquant l’actuel et dénigrant le connu. Privez-nous un instant de nos cordons d’alimentation (à se demander qui est alimenté, au final, le smartphone ou nous-même ?), et on se retrouve tout penauds et désoeuvrés… Certains participent même à des stages, à des coachings, pour abandonner leurs machines et se reconnecter se retrouver avec eux-mêmes.

PLUS D’EAU NI D’ELECTRICITE

Ici à la Réunion, on a des smartphones (si si), et on a aussi des cyclones. Nous subissons régulièrement, environ une fois par an, ce qu’on appelle un épisode cyclonique. Une grosse tempête avec des vents impressionnants, beaucoup de pluie et pas d’autre possibilité que celle de se préparer le mieux possible, de se mettre à l’abri et d’attendre que ça passe. Et la grosse surprise de l’épisode, c’est la découverte de ce qui va être coupé (comme un cordon) : l’eau ou l’électricité ? Ou les deux ? Et pendant combien de jours ?

Ces périodes sont précieuses. Le danger est réel, et les procédures et les réflexes sont rôdés, côté autorités et côté citoyens. On s’invite les uns chez les autres, on se barricade, on remplit la piscine des enfants, la baignoire et des bouteilles d’eau du robinet (pour se laver), on achète des litres d’eau minérale (pour boire), des piles pour les radios et les lampes de poche, des bougies et des allumettes. On prépare des provisions de trucs qui se cuisinent au gaz (on vérifie la bouteille d’ailleurs). On sort les jeux de société. On vide les réfrigérateurs et les congélateurs pour perdre le moins possible de nourriture. On recharge d’avance des batteries de smartphones au cas où on ne perde pas l’électricité. On élague les arbres trop hauts, on rentre les mobiliers et les autos, on enferme les animaux, et on attend. Les enfants adorent ces longs instants pendant lesquels, coupés des engins électroniques, et attentifs à quelque chose qui nous dépasse, on joue et parle davantage avec eux.

LE TEMPS SUSPENDU

Le passage d’un cyclone dure en général 12 heures. Douze heures de jour ou de nuit pendant lesquelles ça castagne dur ! ça tape et ça secoue, il y a des arbres qui cassent et des choses qui volent. Plus personne ne circule, on regarde par l’entrebâillement des fenêtres, on dort mal. Et on a souvent plus d’eau courante. Même préparé, ce n’est pas évident de faire 3 jours la vaisselle dans une eau qui finit par croupir. C’est dur de ne pas prendre de douche pendant autant de temps (climat tropical), de ne pas se laver les mains autant que d’habitude. C’est dur, en étant enfermés, de ne plus profiter de nos loisirs habituels (Internet, télévision, ventilateur).

Une fois l’alerte terminée, la vie reprend doucement son cours. On évalue les dégâts dans son jardin, on ramasse les branches cassées, on remet le portail sortit de ses rails en place. Un solidarité naturelle se créé entre voisins pour ces travaux. On reprend la route dans ces paysages bousculés, arbres déracinés, poteaux brisés, affichages publicitaires couchés au sol. Et on a toujours ni électricité ni eau. On entend à la radio que les équipes d’EDF et des régies de gestion de l’eau sont à pied d’œuvre, et recablent (toujours cette histoire de fils…) les quartiers et les zones d’habitations les unes après les autres. La radio libre fonctionne à plein régime et donne des nouvelles des quatre coins de l’île. Les gens l’utilisent pour parler du temps qui fait dans leur secteur, pour demander un service, pour retrouver un animal échappé pendant la tempête.

UN QUOTIDIEN SI DOUX

Et puis un jour, l’eau revient. Elle coule à nouveau du robinet qui était devenu inutile. Surprise ! Joie de se laver les mains avec du savon et de rincer généreusement ! Joie d’une douche et d’une vaisselle à grande eau. Et puis c’est l’électricité qui revient, avec son crépitement. Le ventilateur de plafond démarre lentement sa rotation, le grésillement familier du réfrigérateur emplit à nouveau la cuisine. Internet, la télévision et le téléphone sont à nouveau effectifs.

Et là, avec l’eau potable à profusion pour boire et se laver, avec de l’électricité à foison pour nous éclairer, conserver nos aliments, nous rafraichir et communiquer, on a pour une heure ou deux le sentiment délicieux de vivre dans un confort et un luxe infini.

Ce qui est fondamentalement vrai. C’est bien de s’en rappeler une fois par an.

La photo d’illustration a été prise pendant Béjisa (et oui, les cyclones ont leur petit nom) le 2 janvier 2014.

Demain, c’est aussi bien… 3 trucs antiprocrastination

pinup procrastination

La procrastination, cet art de tout remettre à plus tard, est fêté aujourd’hui 25 mars (le 20 mars, c’était le bonheur) à l’initiative de David d’Equainville, un jeune éditeur qui a trouvé un remède définitif contre la procrastination : l’accepter. Contre la folie qui voudrait que l’on devienne tous des gens hyper organisés, rigoureux et jamais en retard, il prône même une « procrastination active », comme une forme de résistance à l’esprit du temps. Car il s’agit bien d’une attitude banale et courante que tout le monde pratique plus ou moins. À part peut-être quelques incroyables et merveilleuses de notre entourage, à l’efficacité jamais prise en défaut, qui font avouons-le envie et peur à la fois.

Sans entrer dans le pathos, voici néanmoins quelques astuces antiprocrastination ; faites-en ce que vous voudrez !

 Savoir vraiment ce que l’on veut

Avant d’entreprendre tout changement, il faut s’assurer de ce que l’on veut vraiment. Il est des objectifs que l’on repousse toujours peut-être parce qu’au fond de soi, l’on n’a pas vraiment envie de changer : changer de travail ? Suis-je prêt à me lancer dans une nouvelle carrière ? Il faut faire un examen de conscience. Et là, il vaut mieux renoncer plutôt que de repousser sans fin, afin d’éviter la culpabilité, beaucoup plus consommatrice d’énergie et de créativité qu’un deuil sain. Cela invite à définir de nouvelles priorités et de nouveaux objectifs.

Repérer ses moments de faiblesse

Etre conscient du phénomène. Plus exactement, il faut repérer les moments précis où l’on flanche, ainsi que les idées qui les accompagnent. Le propre de la procrastination est d’être une non-décision. C’est-à-dire qu’au moment où l’on devrait agir, on se trouve subitement et comme par hasard placé devant une autre attraction. Et c’est à ce moment que l’idée furtive du report s’insinue… (vous voyez bien ce que je veux dire…) C’est à ce moment précis, où l’on va basculer dans l’autre activité que celle prévue, qu’il faut mettre en place un système d’alarme intérieure.

 Se fixer des objectifs précis et limités

Procrastination rime souvent avec perfectionnisme. Le propre du procrastinateur est non seulement de remettre à demain mais de se fixer des objectifs irréalistes : d’autant plus ambitieux que l’on s’accorde un sursis et que l’on ne s’engage donc à rien pour l’immédiat. «Je reprends une part de tarte, mais demain, régime strict.» . Et le jour venu de changer vraiment, la barre est fixée si haut que l’échec est pratiquement assuré. Avec ses conséquences psychologiques : l’autodénigrement, la honte, la culpabilité et le découragement. Puis, une fois l’échec digéré, une nouvelle vague d’illusions s’amorce.

 Quoi faire alors ?

 Ce qui est difficile, c’est de renoncer à un plaisir immédiat pour une activité qui paraît ennuyeuse. La bonne méthode consiste à surmonter la difficulté, en réduisant l’effort au minimum. Il vaut mieux se fixer un petit objectif immédiat et facile plutôt qu’un gros obstacle. Si j’ai décidé de ranger mon bureau et classer mes papiers, je vais donc commencer par un exercice simple et immédiat. «Cinq minutes de rangement pas plus, mais tout de suite.» On se surprend alors à dépasser l’objectif que l’on s’était fixé. Le petit changement du jour aura produit une gratification morale : la routine a été cassée, c’est une première petite victoire sur soi. C’est la première récompense : le plaisir d’avoir réalisé quelque chose.

Les spécialistes de la procrastination suggèrent donc de repérer ses pensées récurrentes, ses mauvaises routines et ses moments de faiblesse. Puis il faut établir un plan de changement avec un programme précis (« à partir de demain, je vais améliorer mon anglais » n’est pas un programme précis : combien de temps par jour, à quel rythme, pour quel objectif ?).

Il faut ensuite définir les étapes intermédiaires, les petites étapes quotidiennes. Ensuite, il ne faut pas oublier la stratégie de récompense. À chaque succès, il faut s’accorder un plaisir : un loisir attendu.

Comme la lecture d’un article de l’œuf du neuf !

Bonne Journée Mondiale de la Procrastination !

L’Oeuf de Colomb

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Pour patienter pendant les travaux, voici une petite anecdote parfaite pour briller dans les dîners (ou les piques-niques, rapport à l’oeuf dur). C’est tiré de Wikipédia, et l’illustration aussi.

L’expression « œuf de Colomb », utilisée pour qualifier une idée simple mais ingénieuse, provient d’une anecdote.

Lors d’un repas en présence du navigateur Christophe Colomb, un invité aurait voulu minimiser l’importance de la découverte du Nouveau Monde en disant : « Il suffisait d’y penser. ». Pour répondre à cette provocation, l’explorateur aurait proposé un défi à ses convives. Il leur aurait demandé de faire tenir debout un œuf dur dans sa coquille. Personne n’y aurait réussi, sauf Christophe Colomb, qui aurait écrasé simplement l’extrémité de l’œuf et se serait écrié : « Il suffisait d’y penser ! »

Alphonse de Lamartine situe l’anecdote après le premier voyage de Colomb ; Jules Vernes, après le second. Selon Voltaire, « ce conte est rapporté du Brunelleschi […] longtemps avant que Colombo existât » et Roselly de Lorgues qualifie l’anecdote de « conte stupide » d’une « énorme invraisemblance ».

Quoiqu’il en soit, le concept de l’Oeuf de Colomb décrit très bien celui de la psychologie positive : c’est tout simple, mais il fallait y penser !

La vie est-elle plus belle en anglais ?

J’ai eu la chance de faire un an d’études à Londres en 2001, grâce au dispositif Erasmus. L’anglais est depuis une langue que je lis couramment, que j’écris moyennement et que je parle avec un accent léger comme une vache normande. C’est pour cette raison que je me limite à la lecture. Et grand bien m’en fait.

english
Brian is in the kitchen.

 Avez-vous remarqué à quel point l’anglais est direct, simple, synthétique ? Bien entendu, je ne parle pas de l’anglais littéraire, pointu, délicat, et dont les subtilités m’échappent probablement. Je parle de l’anglais d’Internet, de l’anglais des médias et des blogs, celui qui va droit au but pour être compris le plus vite possible par le plus grand nombre.

 Quand je m’embourbe un peu dans mes préoccupations quotidiennes, j’apprécie particulièrement de prendre l’air en lisant des blogs ou des supports anglophones. Je me surprends même à commenter des articles, à me lancer dans des discussions, à échanger dans cette langue.

 Et c’est souvent là que la magie opère.

 A cause de mon niveau limité, je me débrouille, je copie et m’approprie ce style sans détour, et je change. Je m’échappe de moi-même, de ce moi compliqué et toujours en questionnement, ce moi qui explique comment on fait la montre au lieu de donner l’heure, qui vénère le détail et fustige le global, qui s’emmêle dans ses propres contradictions et ses mille sujets d’intérêts.

CHANGER DE VISION EN CHANGEANT DE LANGUE

En anglais je m’autorise à prendre moins soin de l’interlocuteur, à moins enluminer mes propos. C’est le sens qui prime. Je fais des phrases plus courtes, sans métaphores, factuelles. J’essaye juste de rester drôle, un minimum. Le bénéfice est quantifiable. Changer de langue pour écouter et pour s’exprimer permet aussi de changer l’angle sur les choses et les gens. Voir les choses différemment, prendre de la hauteur, penser plus global.

The big picture, comme ils disent !

 Mais cette constatation n’est pas si nouvelle. J’avais bien appris au lycée que si les grecs et les allemands avaient eu ce temps d’avance dans l’histoire de la philosophie, c’est bien parce que leur langue comprenait dans sa structure les substantifs, outils pour penser les concepts. Pas d’idées sans mots pour les désigner et les manipuler. Changer les mots pour manipuler les idées change aussi la gymnastique qu’on fait avec elles.

Penser en anglais rendrait plus heureux ? Il faudrait comparer avec d’autres langues, interroger des échantillons de personnes variées sur une longue période. La Vie en Rose parisienne, la Gemütlichkeit allemande sont-elles plus douces que la Dolce Vita italienne ? No sé.

Mais ce que je sais en revanche, c’est qu’utiliser une autre langue permet de prendre une distance avec ses habitudes. Cela nous met en équilibre, et nous donne la possibilité de s’observer soi et les autres sous un nouvel angle, ce qui est toujours bénéfique.

Que votre tailor soit rich, ou non. poupoule