Hypersensibles = Hyperhumains ?

Vous ne supportez pas les pulls en laine qui grattent, vous n’aimez pas la musique forte et les conversations superficielles vous ennuient. Vous avez le sentiment que les gens ne prennent jamais de gants avec vous, que vous faites toujours plus attention aux autres qu’ils ne le font pour vous. Vous ne comprenez pas pourquoi votre entourage n’est pas aussi touché que vous par les faits divers atroces, et comment vos amis peuvent visionner sans ciller des scènes de violence dans les films. Vous êtes probablement un des 15% d’hypersensibles qui composent notre espèce. Et ce n’est pas un défaut, bien au contraire. Bienvenue chez les rois du monde !

PENSEZ-VOUS ETRE HYPER ?

Voici ce qui définit un hypersensible :

bombyx disparate
Ceci n’est pas un lapin-papillon, mais un bombyx disparate. C’est un peu à ça que je me fais penser, parfois.

1- Une hyper réactivité à l’environnement : la foule, le bruit, la lumière, les odeurs, … les stimulis extérieurs sont amplifiés. L’envie primaire de se rentrancher au calme est la conséquence inévitable de ces agressions pourtant très ordinaires.

2- Une grande sensitivité corporelle : la sensibilité n’est pas qu’intellectuelle, elle concerne aussi le corps. L’hyper sensible supporte mal la douleur, et le contact physique est autant un plaisir qu’une agression pour lui. L’hyper sensible est également sensible à la température, à la matière des objets et des vêtements.

3- Une vie émotionnelle intense : l’hyper-développement de l’empathie est un des points les plus difficiles à gérer au quotidien. L’hyper sensible se sens invariablement responsable de l’ambiance émotionnelle de son environnement. Les émotions qu’il ressent, bonnes ou mauvaises, sont très fortes, et le temps ne les atténue que difficilement. (c’est le revers d’une mémoire exceptionnelle).

4- Une grande créativité : un fort sens esthétique, l’amour des arts et le goût intense de la musique sont des traits classiques de l’hyper sensible. La créativité n’est d’ailleurs pas qu’artistique : l’hyper sensible fait preuve d’une grande créativité intellectuelle, a beaucoup d’idées, et une capacité particulière à réfléchir par lui-même en dehors des courants dominants.

5- La quête de sens : pour l’hyper sensible, la vie ne se réduit pas au travail, à la famille, à la construction d’une sécurité matérielle, ou à une simple recherche de plaisirs. La quête de sens, le besoin de s’accomplir et de faire coïncider ses talents et ses envies dans son existence est fondamentale.

 En tant qu’hyper-sensible en chef, je peux témoigner de 35 années d’hyper émotivité, d’hyper réceptivité, d’hyper vigilance, d’hyper mémorisation, d’hyper acuité, et d’hyper fatigue, forcément. Bien sûr, je rêverai de créer une société secrète composée uniquement d’hypersensibles, un hyper club de membres hyper lucides qui réussiraient à créer une hyper connivence hyper agréable et hyper reposante, intellectuellement hyper stimulante et forcement hyper drôle.

 Vous l’avez compris, ce que j’aime dans l’hyper sensibilité, c’est bien le HYPER.

 Car j’ai toujours eu l’intime conviction que c’est cette caractéristique prépondérante de ma personnalité qui fait toute ma force, qui est mon super pouvoir magique qui me rend (presque) absolument tout possible. C’est ma différence, mon éclat, mes bottes de sept lieux.

HYPERS HUMAINS ?

L’hypersensible est à mon sens une sorte d’hyper-humain, à la fois à cause de sa capacité à tout ressentir de façon exacerbée et pointue, amplifiée, mais surtout à cause de son empathie maladive et de son besoin impérieux d’assurer un climat émotionnel de qualité là où il évolue. Une hyper humanité tout aussi philanthropique que sensorielle.

 Bien qu’il soit donc naturellement doué pour le bonheur et les interactions de qualité avec les autres, l’hypersensible ne peut atteindre la félicité que dans des circonstances préservées des désagréments de la vie quotidienne.

Si vous vous reconnaissez, voici 4 conseils testés et approuvés pour optimiser cette chance, en faire un super pouvoir effectif, et en être pleinement heureux :

1- Se déculpabiliser : vous n’êtes pas anormal, vous êtes différent ; une sorte d’humain amélioré en quelque sorte. Hors le monde n’est pas du genre amélioré, d’où certains décalages, dont vous n’êtes pas responsable.

2- Se protéger des lieux, personnes, circonstances qui vous touchent. Sans hésitation surtout : en vous protégeant de ce qui vous met systématiquement en pelote, vous préserverez votre énergie et votre moral. Et vous n’aurez plus le sentiment de subir un environnement qui vous agresse et vous ballotte.

3- Arrêter d’interpréter et d’absorber les émotions des autres. Vraiment. Et c’est le plus dur. Ou alors seulement celles des gens qui comptent.

4- Prendre conscience de l’atout que représentent l’hyper vigilance et l’hyper acuité dans la vie personnelle comme professionnelle : c’est toujours une force de réussir à ressentir intuitivement ce que pensent les gens. Cela facilite la prise de position dans un groupe, l’anticipation, la négociation, l’échange. Ne vous voilez pas la face, les situations vous surprennent rarement, vous savez toujours parfaitement ce qui est en train de se passer. Apprenez à réagir en conséquence ! Déployez vos radars, écoutez-vous, faites-vous confiance, et c’est magique ; ça fonctionne !

 Pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette description, sachez que vous êtes doté d’un bagage émotionnel et sensoriel identique à celui des hypersensibles déclarés.

 Il est seulement moins rapide ou plus sage. Néanmoins, les qualités d’hyper-sensibilité peuvent être développées chez chacun, en essayant d’atteindre la pleine conscience dans un maximum de circonstances de la vie.

 Alors au boulot !

Les 5 clés pour changer vraiment une habitude

Moi, je suis comme vous. Même pire.

Je ne bois pas d’eau, j’ai des kilos en trop, je ne fais pas de sport, je procrastine, je ne termine pas ce que je commence, je déteste écouter les messages et répondre au téléphone. Je ne fais pas le ménage, et mille autres manies que j’aimerai changer. Donc comme tout le monde dans les trois semaines à venir, je vais tâcher de noyer mon estomac en buvant à la bouteille un liquide fade alors que je n’ai pas soif, je vais dépenser mon argent dans une salle de gym ou j’irai 4 fois en 2 jours et puis plus jamais. Je vais continuer à retarder les échéances et me culpabiliser pour cela. OU PAS.

bouteille

En effet, autant il est difficile de changer une habitude existante, autant il l’est beaucoup moins d’en adopter une nouvelle. Une habitude, bonne ou mauvaise, est une forme de confort pour le cerveau, un raccourci qui correspond à un chemin si souvent emprunté par nos neurones que la route se fait toute seule, en pilotage automatique ou presque. Changer ce chemin si bien établi est complexe. En revanche, creuser un nouveau sillon à proximité est bien plus aisé. Et un nouveau sillon permet d’abandonner l’ancien.

Alors comment prend-on une nouvelle habitude ? D’abord, quelques questions : doit-on changer ? Le peut-on vraiment ? Le veut-on vraiment ? Si vous n’avez pas 3 oui, vous allez juste encore vous mettre une pression inutile qui vous rendra malheureux. Aucun intérêt.

Si vous avez 3 oui en revanche, vous pouvez y aller.

1. Ressentir-Agir-Comprendre

Pour créer une habitude, nous devons mettre en œuvre trois facultés : ressentir, agir et comprendre. Si nous agissons sans comprendre, ou que nous comprenons sans ressentir, l’habitude ne pourra pas s’installer durablement. Ainsi, le procédé, une fois conscient et choisi, consiste à :

  1. envisager précisément la nouvelle habitude, la visualiser, se la décrire et en décrire les bénéfices anticipés. (ressentir, c’est à dire pré-sentir, grâce à notre capacité de simulation d’expérience, le bien que l’on tirera de cette nouvelle pratique)
  2. mettre en œuvre concrètement ce qu’on a imaginé : 21 jours, 66 jours, cela dépend de la difficulté, mais une pratique ne devient rituelle qu’après un certain nombre de répétitions (il faut tracer le nouveau sillon, c’est « agir »).
  3. évaluer ensuite ce qu’il s’est passé dans notre esprit, et quantifier le bénéfice. C’est l’examen de validité de la nouvelle habitude, nécessaire pour qu’elle soit confortée inconsciemment. (c’est « comprendre »).

2. Formuler positivement l’habitude à créer

Un obstacle à la mise en place d’une nouvelle habitude peut se présenter sous la forme du phénomène de « restriction cognitive ». Bien connu des personnes pratiquant des régimes alimentaires restrictifs, il est l’effet rebond de la privation. Plus on surveille une pensée à oublier, plus elle devient obsédante (remplacez pensée par chocolat ou cigarette, et vous verrez de quoi je parle…). Et quand on craque, on agit de façon disproportionnée. Responsable de l’effet « yoyo » de la prise de poids, cette réaction incontrôlable du cerveau s’applique à tous les domaines, et peut mettre à mal les meilleures intentions pour changer une habitude. Il ne faut pas stresser le cerveau avec des idées de privation, il y est très sensible ; ça doit être un héritage de nos ancêtres sapiens…

 Pour optimiser le succès, il faut donc formuler positivement l’habitude à créer, pour qu’elle n’ait pas l’air d’être une modification d’un chemin existant, mais bien la création d’une nouvelle voie neuronale.

 Je vais commencer à boire un peu d’eau entre les repas. Je vais commencer à marcher un peu avant d’aller travailler.

3. S’appuyer sur une habitude existante

Pour atteindre son objectif d’augmenter son activité physique par exemple, on peut utiliser le chemin que l’on prend pour aller au travail, et non pas s’arrêter avant (ça changerait une habitude) mais s‘arrêter plus loin (ça c’est nouveau).

 Pour ma part, la seule résolution que j’ai tenue en 2014 a été de lire davantage. Pour ce faire, je me suis facilité les choses en achetant mes livres au format dématérialisé et en les lisant sur mon smartphone, partout, dès que je le pouvais. Je n’ai pas acheté de liseuse, qui aurait posé le même problème logistique que les livres. (je ne dois pas l’oublier, elle doit être rechargée, etc… ). Je me suis appuyée sur une habitude existante et bien ancrée, l’usage de mon smartphone. Moins confortable que le papier, ce système m’a permis avec quelques efforts d’atteindre mon objectif, et aujourd’hui je retiens aussi bien ce que je lis sur un écran que sur du papier imprimé.

4. Garder un mémo visuel

Embarqués dans la vie de tous les jours, au fil de nos sillons si bien creusés, nous pouvons rapidement oublier que nous avons souhaité commencer quelque chose de nouveau. Un petit memo visuel peut nous rappeler notre volonté, sous la forme d’un brin de coton de couleur noué autour du poignet. C’est l’équivalent présentable d’écrire « pain » sur le dos de sa main au stylo bille pour ne pas oublier de l’acheter. On garde ce bracelet de démarrage jusqu’à ce que l’habitude soit prise. Notez qu’il est évident qu’on ne peut pas commencer trop de nouveaux rituels d’un coup : trop de bracelets sur le poignet, c’est le bazar neurologique assuré ! (j’ai le sens de la formule !)

cordonhabitude

5. Se faciliter les choses

Acheter une brosse à dents électrique, la Rolls des épilateurs ou des rasoirs, le meilleur sèche-cheveux, si on a décidé de devenir impeccable. Poser des demi RTT deux fois plus souvent que des journées entières pour passer plus de temps avec ses enfants en évitant les journées marathons épuisantes (pour tout le monde). Acheter des bananes si vous ne voulez plus manger de biscuits, parce que n’avoir rien à grignoter c’est trop dur.

Ne prévalez pas de vos forces, ménagez votre monture et vous irez plus loin dans l’installation des nouvelles habitudes, que vous aurez choisies et qui vous feront du bien.

 A vous, et pas aux autres.

On est bien d’accord.