PLEINE CONSCIENCE EN TOUTE CONSCIENCE

nirvana

Dernièrement on parle beaucoup de pleine conscience. Mindfulness. 

Je tourne autour du truc depuis un petit moment, en l’observant du coin de l’œil, d’une part parce qu’il est inratable médiatiquement, et d’autre part parce que tout ce qui touche au yoga et à la méditation me fait bien rire, et que je suis trop snob pour me pencher dessus avec bienveillance.

Cela me fait bien rire car j’ai l’impression, comme d’habitude, que la terre entière va tout d’un coup méditer par effet de mode, que tout l’occident va tomber dans la pleine conscience comme elle est tombée dans le running il y a quelques années. Si vous n’en avez jamais entendu parler, en voici une définition sur Wiki. Ainsi, bien que la pratique et ses bénéfices potentiels me tentaient, je n’osais y tremper l’orteil. Par chance, j’ai rencontré quelqu’un de calé sur la question dans le cadre de mon travail. Il m’a indiqué que fondamentalement, la méditation, la pleine conscience, la mindfulness, c’était juste la concentration, tout simplement, mais pour les nuls. Comme je suis prétentieuse, ça m’a rassuré. Je me suis dis que si c’était juste ça, je savais déjà le faire, qu’il suffisait de le mettre en pratique pour en tirer tous les bénéfices vantés sur la toile et au-delà.

Et puis je n’y ai plus pensé. Et puis je suis tombée sur cet article là, qui définissait enfin un peu plus précisément la question.

Je me enfin suis dis : « bon, je vais QUAND MEME essayer, mais DISCRETOS ».

J’ai commencé facile. Au volant de ma voiture, parce que c’est typiquement l’endroit et le moment où je pense à tout sauf à ce que je fais. Pas vous ? Et puis personne ne peut alors savoir ce que je suis en train de mindfuler, même en public. Aucun risque de ridicule. Donc j’ai commencé à prêter délibérément attention à mon environnement, visuel dans un premier temps. Et vous savez ce que j’ai vu en premier ? Les panneaux de signalisation du code de la route !

Je n’avais jamais remarqué qu’il y en avait autant ! Il y en a partout, beaucoup, ils me sautaient au visage ! Ensuite, j’ai fait attention aux palmes des cocotiers qui bougeaient dans le vent, et puis au ciel, et puis à la montagne. Et puis à nouveau aux panneaux (c’est ce qu’on voit le mieux quand on conduit on dirait !).

Alors que j’étais dans cet état de conscience « concentrée », ou attentive plutôt, un son est tombé dans mon oreille surprise. La radio annonçait « le GRAND David Bowie« . Ceci m’a forcément interpellé, avec le morceau « the man who sold the world ».

J’ai écouté l’intro dans mon état de conscience attentive, donc, et là, forcément, ma pensée a dérapé. Dès les premiers accords, on note clairement la déformation de la voix, très avant-gardiste. Mon esprit a pilé net sur ce détail, et s’est précipité en 1994, année de la multidiffusion sur les ondes du MTV Unplugged in New-York de Nirvana. Dans cet album et son mythique DVD, cette chanson est interprétée sobrement en gilet déchiré par le roi Kurt… Qu’est ce qu’il était beau ! Si blond, si froid, assis tout recroquevillé sur sa chaise de bureau avec sa guitare sèche dans les lumières roses et bleues de la scène, entouré de toutes ces fleurs de lys blanches, et puis il y avait des bougies aussi je crois… Et sa voix… J’ai fais un effort pour me remettre dans l’attention du moment présent. J’étais partie dans mes 15 ans comme en quarante, complètement déconnectée. J’ai recentré mon attention sur le morceau de musique. (Je conduisais toujours, hein, mais on mindful sur ce que l’on peut, surtout la première fois!). J’en ai écouté les finesses que je n’avais finalement jamais vraiment entendues. Cette rythmique qui semble jouée avec une crécelle ou une horloge qu’on remonte, puis avec une boite de riz, et cet écho dans le mixage, cette distance vertigineuse de la voix… Ou alors c’est parce que j’étais trop habituée à la version de Nirvana. Qui sait? J’étais déjà repartie. Pas facile la pleine conscience !

Comme il me faut 8 minutes pour rentrer chez moi et que j’ai quand même fait attention aux voitures en face et aux fossés au bord de la chaussée, j’ai rapidement interrompu l’expérience. J’ai voulu le refaire au lit une fois couchée, mais je me suis endormie trop vite. J’ai recommencé plusieurs fois au volant, avec les mêmes résultats : une hyper vigilance proche de celle qu’on met en œuvre dans le cadre de l’apprentissage.

Car cette « pleine conscience » ressemble à s’y méprendre chez moi au « mode » dans lequel je me mets inconsciemment quand je dois retenir quelque chose. Et de fait, cela fonctionne très bien. Je pense que je me souviendrais à présent toujours du son de la rythmique de la version originale de « the man who sold the world »…

Et de ma première expérience de pleine conscience… consciente !

Je ne sais pas encore si les bénéfices de cette pratique sont palpables, mais je vais poursuivre mon entrainement secrètement…Je vous tiens au courant !

Joue-la comme Bowie !

bowie

J’aime David Bowie.

Son œuvre musicale, en partie, mais SURTOUT le personnage, lyrique, étrange, immensément sentimental, humain et surhumain, réservé et timide, perpétuellement avant-gardiste, touche à tout, ultra-créatif, fabuleux.

David Bowie, c’est de la créativité ambulante. Il fait toujours quelque chose, il a toujours une idée novatrice, il est le directeur artistique jamais démodé, tout ce qu’il a fait hier reste neuf aujourd’hui. On en parle beaucoup en ce moment à cause de l’exposition que lui consacre la Philharmonie de Paris, alors moi aussi j’en parle !

David Bowie m’aide à être créative quand il me faut trouver une solution innovante, même pour un problème de plomberie. Certains se demandent ce que ferait leur mentor dans certaines situations, pour ma part je me demande ce que ferait David Bowie. Rock’n’roll suicide, Space Oddity, Heroes, penser Bowie, c’est penser « hors code existant ». C’est forcément innovant, même lorsqu’il s’agit d’être créatif dans une situation qui n’a rien d’artistique.

 Etre créatif sans être artiste

Car nous sommes tous créatifs ! Chacun a la possibilité d’utiliser son imagination pour mettre en œuvre des actions pour atteindre ses objectifs. Il ne s’agit pas d’être « bon en dessin ». Nous sommes tous les jours créatifs, notre vie nous y oblige : faire rentrer toutes nos obligations et nos loisirs dans nos journées, imaginer la solution logistique la plus efficiente pour une sortie entre amis (gestion du site, de la nourriture, des covoiturages, des enfants, etc), tout cela est déjà une montagne de créativité à laquelle nous ne pensons même plus tant elle nous est naturelle. Organiser, c’est créer. Alors organiser différemment, c’est innover ! Et c’est très facile à faire au quotidien. Le bénéfice est garantit pour le bien-être, grâce à l’intérêt nouveau que nous allons alors porter à nos activités habituelles, afin de contrôler que nos nouvelles façons de faire sont bien adaptées à nos objectifs.

Et imaginer des solutions créatives pour notre quotidien nous permet de le renouveller, de nous renouveller par la même occasion, et de voir sans cesse les choses sous un jour nouveau, donc plus attractif.

Vous aussi, jouez-la comme Bowie !

Ou comme Mamie, si c’est elle qui vous inspire !