POUR OU CONTRE LE CARNET DE GRATITUDE

carnet pinup

La gratitude est l’action de remercier et d’être reconnaissant pour quelque chose. C’est un levier de satisfaction au centre de nombreuses études sur le bonheur. Tenir un carnet de gratitude (ou de kifs), c’est-à-dire noter chaque jour trois faits pour lesquels on est reconnaissant ou content, permet de se forcer à prendre conscience de l’importance que peuvent avoir des petites ou grandes choses, et ainsi à tirer davantage de plaisir du quotidien.

 Est ce que ça marche ? Pour le savoir, j’ai testé, pour vous, pendant 6 mois, le carnet de gratitude. Suspens.

 Jour 1 : je note mes kifs mais je n’y crois pas. Je n’arrive pas du tout à dire « merci la vie » pour des bricoles. Si je gagne à l’Euromillions on en reparlera, mais pour le moment je n’en suis clairement pas là.

 Jour 3 : j’arrive à trouver l’élan pour remercier « la vie » de m’avoir fait connaître un bon ami il y a 7 ans, même si on ne se voit plus depuis 6. Cette rencontre parfaitement platonique a été inspirante et continue à me nourrir. Et j’ai eu cet élan juste après m’être dit que je n’arrivais pas à formuler en moi l’élan de gratitude pour mes kifs quotidiens, comme quoi, on a l’esprit de contradiction, ou on ne l’a pas.

 Jour 4 : rien à signaler, je suis sur un projet et je suis plutôt crispée. J’ai eu dans la soirée un élan de gratitude envers mes parents qui gardent ma fille, ce qui me permet de travailler plus tranquillement.

 Jours 6, 7 et 8 : rien de spécial, sinon que je me sens plus assurée et plus à l’aise dans la vie. Je dis les choses plus facilement aux gens, je suis plus authentique. Mais je ne sais pas si c’est lié aux kifs. Je ne suis toujours pas dans le remerciement. Mais je ne fais peut être pas assez d’efforts.

 Mois 1: J’ai acheté une fougasse pour un SDF qui fouillait les poubelles à côté de la boulangerie. Je ne sais pas si j’aurai fais ça avant. Je ne sais pas si c’est lié aux kifs. J’ai toujours du mal avec la reconnaissance, mais j’arrive à avoir un élan quand cela concerne l’amour des autres humains (famille, amis) et les états de grâce (quand j’écris, que je peins ou que je chante – ce qui je précise n’est un état de grâce que pour moi).

Mois 2 : J’ai de plus en plus l’impression que tout est à nouveau possible, qu’il n’y a plus de limite à mes projets. Je pense à nouveau, mon esprit s’est remis en marche. Il y a quand même des jours où je sens que j’ai moins de force et où je rentre à nouveau la tête dans les épaules.

Mois 3: je pense plus à faire plaisir aux autres… J’ai envie d’avoir des petites attentions raisonnables pour chacun. J’ai toujours du mal avec la gratitude vis à vis de mes kifs, c’est comme une pudeur qui m’empêche d’avoir l’élan nécessaire pour vraiment remercier dans le vide.

 Mois 4 : je pense aller à la salle de sport qui vient d’ouvrir à côté. Les choses me paraissent moins compliquées en général. Je pense que je serai un jour blonde comme Kate Moss. J’ai l’impression d’être en marche.

 Mois 5 : je n’ai plus besoin de repenser à ma journée pour noter mes kifs, je les reconnais dès qu’ils arrivent. Je pense être plus souriante, ouverte, détendue. Le regard des gens sur moi change, je me sens par moment toute puissante, présente, en phase.

Et à d’autres moments plus du tout, j’ai peur que cet état ne soit qu’une imposture de mon esprit. Parfois je suis au top, parfois je n’y crois plus une seconde…

Mois 6 : Je ne note plus mes kifs sur mon agenda maintenant, mais je les note mentalement. Je les remarque, je les distingue dès qu’ils arrivent. Je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai le sentiment de recevoir beaucoup d’amour en ce moment, et ça me rend heureuse. J’ai l’impression de nager dans un pot de confiture.

 Conclusion sur 6 moins de gratitude : Même si je ne le formule toujours pas verbalement, je parviens à exprimer une gratitude vis à vis des choses, que j’analyse plutôt comme une bouffée de bien-être et de satisfaction. Dire merci, au fond, c’est être content de ce que l’on a.

 Mais sans se voiler la face sur la réalité, et c’est fondamental. Ce genre de méthode ne doit pas rendre irresponsable. Un arc en ciel et des bons amis ne rajoutent pas des sous sur mon compte (ou alors ce sont VRAIMENT de très bons amis) et ne guérissent pas les malades…Mais leur présence améliore le quotidien, et c’est déjà ça !

Article en collaboration avec Zen&Zolie

En route pour la joie (en 9 petits pas)

Comme nous sommes en travaux sur le blog et que cela n’avance pas aussi vite que je voudrais, je vous ai fait pour patienter une petite traduction d’un article américain (ouhlala, vilain vilain), mais qui a bien compris que pour que les gens travaillent bien et restent performants, ils ont fondamentalement BESOIN d’être heureux. Cela donne 9 promesses faciles à tenir pour nous mettre sur la bonne piste.

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9 promesses à soi-même pour être bien tous les jours

Par Geoffrey James, traduit de l’anglais par l’Oeuf du neuf.

Pour atteindre à la fois le bonheur et la réussite dans vos projets quotidiens (rien que ça !), faites-vous à vous-même, dès aujourd’hui et pour tous les jours à venir, ces 9 promesses un peu magiques.

  1. Je serai conscient(e) de mon être, mais pas égocentrique

Seuls les perdants sont égocentriques. Ils voient le monde à travers le prisme de leur intérêt personnel. L’éthique ne fait pas partie de leurs motivations lorsqu’ils évaluent une situation. Alors au lieu de me focaliser totalement sur moi, je me promets d’être plus conscient(e) de mon être. Je tâcherai de comprendre ce que je ressens et les pourquoi je le ressens. J’analyserai mes émotions comme mes sentiments, afin de comprendre comment ils peuvent influencer mes décisions.

  1. Je serai ferme mais jamais agressif(ve)

Seule les perdants sont agressifs. Ils pensent devoir contrôler toutes les conversations et imposent leurs arguments en permanence. Au lieu d’être agressif, je serai fort(e) et posé(e). J’aurai assez de confiance en moi pour être ferme dans mes idées sans me sentir attaqué(e), sans pour autant heurter ceux qui ne partagent pas mon opinion.

  1. Je serai empathique mais surtout pas drama queen

Les drama queen (et kings) ont besoin d’attention, raison pour laquelle elles transforment chaque situation en conflit ou en crise (de joie ou de larmes). Toujours trop. Au lieu d’être une drama, je serai le (la) plus empathique et à l’écoute possible, et m’efforcerai sincèrement de comprendre et d’apprécier les idées de mes amis, de mon équipe, de ma famille.

  1. Je serai indépendant(e) mais pas isolé(e)

Ceux qui s’isolent ont tendance à se créer tous seuls des obstacles qui les empêchent de communiquer avec autrui. Au lieu d’être isolé(e), je serai indépendant(e) et autonome. Je serai conscient(e) de mes capacités en mon for intérieur mais je construirai des ponts qui me relient aux autres.

  1. Je serai fier(e) mais pas orgueilleux(se)

Les orgueilleux(ses) se croient supérieur(e)s en tout et ne jugent personne dignes d’eux. Au lieu d’être orgueilleux, je serai fier. J’éprouverai du plaisir et de la fierté pour mes propres réussites et pour celles de mon entourage.

  1. Je serai souple mais jamais passif(ve)

Lorsque leurs plans sont bousculés, les personnes passives se laissent balloter au grès des événements. Au lieu d’être passif, je serai flexible, souple. Je m’adapterai aux circonstances du moment, et je modifierai mes plans au besoin pour atteindre mes objectifs.

  1. Je serai concentré(e) sur mes objectifs mais pas psychorigide

Les psychorigides restent campé(e)s sur leurs positions alors même qu’ils sont dans l’erreur (et qu’ils le savent !). Au lieu de faire preuve de rigidité, je tâcherai de rester moi-même et je laisserai mon intuition et mon sens moral guider mes décisions et mes actions dans la bonne direction.

  1. Je serai optimiste mais pas crédule

Les personnes crédules peuvent croire en l’impossible, alors même lorsque la situation est clairement trop belle pour être vraie. Au lieu d’être crédule, je serai optimiste. Je cultiverai une attitude positive qui m’aidera concrètement dans les bons et les mauvais moments.

  1. Je serai réaliste mais pas pessimiste

Les pessimistes ne croient pas que les choses peuvent changer, ou craignent le changement, qui à leur sens ne peut être porteur de mieux. Au lieu d’être pessimiste, je serai réaliste. J’appréhenderai le monde tel qu’il est vraiment, et je travaillerai à mon échelle à le rendre meilleur.

Voilà, j’espère que vous pourrez mettre deux ou trois points en pratique cette semaine… Etant d’une nature plutôt réservée, j’aime particulièrement celui des drama-queen ^

Note de traduction : chaque paragraphe de la version originale commençait par « Only loosers …», c’est-à-dire « seuls les perdants sont ceci ou cela ». Moins agressive, ma traduction conserve les promesses décrites par l’auteur, tout en étant plus tendre dans le ton :o)

Ecrire un avenir qui se réalise : la lettre jaune

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J’adore recevoir du courrier.

 Postal, électronique, petit mots sur un post-it, même un texto. J’aime les choses écrites, petites messagères pleines de recul entre mon interlocuteur et moi. Non seulement les écrits restent, alors que les paroles s’envolent, mais en plus ils vous aident bien mieux que vous ne pourriez l’imaginer à réaliser vos projets.

 Je vais vous parler aujourd’hui de la lettre bleue, décrite ainsi par Florence Servan-Schreiber. C’est un nom très poétique, bien qu’un peu triste, pour une méthode pourtant gaie et positive. (Vous êtes bien d’accord qu’être bleu, c’est être mélancolique, et qu’un bleu au cœur ou au genou, ça fait mal !). Du coup dans l’œuf du neuf, cela s’appellera la lettre jaune. Et toc ! En vérité, peu importe la couleur du papier et de l’enveloppe, il s’agit simplement d’écrire quelque chose d’important dessus.

UN AVENIR DE REVE

Ce quelque chose d’important, c’est votre avenir rêvé. Décrivez votre année 2015 idéale. Mais pas une liste de points avec en tête « gagner au loto ». Il s’agit de ce que vous serez, allez faire cette année, et les suivantes si vous souhaitez vous projeter plus loin. Vous commencerez cette lettre par « Bravo, je te félicite pour ce que je t’ai vu réussir cette année… ». Vous allez inscrire des détails, dire ce que vos événements vous ont apporté, quels bénéfices vous en avez tiré. Vous pouvez y écrire également les obstacles ou les difficultés que vous anticipez, et la façon dont vous imaginez les avoir surmontés. Vous pouvez décider d’écrire votre lettre à votre vous-même de dans un an, mais aussi à celui de dans 5 ans. C’est juste plus compliqué, car il faut penser à tous les détails.

 UN GESTE IMPORTANT POUR VOUS

C’est un exercice sérieux qui ne s’improvise pas. Choisissez votre papier, mettez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangés. Et lancez-vous. Tant pis pour les ratures et l’orthographe. Lâchez tout, vos rêves, vos envies de voyages, vos désirs professionnels, les problèmes à régler, les personnes à retrouver ou à exclure, les défis à relever, les envies à concrétiser. N’oubliez rien, ne laissez rien de côté. Tout ce qui est faisable d’ici décembre prochain et qui vous gratifierait doit être consigné.

Vous pouvez revenir sur la lettre avant de la cacheter dans son enveloppe. La relire, la rectifier, la compléter. Puis la poster à mon adresse avec une enveloppe retour timbrée à votre adresse. Ou l’apporter à un ami ou un proche chargé de vous renvoyer la lettre en janvier 2016. Oubliez alors l’existence même de cette lettre, et reprenez le cours de votre vie.

 ECRIRE REND PLUS HEUREUX 

Quel est l’intérêt de cet exercice ? Ecrire, d’abord, car c’est un magistère puissant. Nous tirons de substantiels bénéfices à nous exprimer ainsi. Là où l’expression orale manque à structurer nos propos et peut nous égarer, l’écrit est un dialogue avec nous-même. Nous y faisons inconsciemment les questions et les réponses. La cohérence est assurée par notre besoin de logique, et alors nous apprenons mieux, nous atténuons nos angoisses en les rationnalisant, nous améliorons nos relations sociales et même notre santé.

 Ecrire cette lettre jaune, bleue ou arc-en-ciel, c’est tracer mentalement le chemin de ce que vous désirez vraiment, et il est toujours plus facile de suivre un chemin existant plutôt que de le réinventer à chaque intersection. Vous augmentez vos chances d’atteindre vos objectifs et de vous y réaliser si vous admettez ce que vous souhaitez vraiment pour vous.

 Cette méthode agit comme un tuteur mental, efficace, souple et robuste. Et c’est FACILE à faire. La lettre jaune, qui s’applique aujourd’hui à un sujet positif et tourné vers demain, peut aussi prendre la forme d’une lettre « grise », qui aide à surmonter chocs ou traumatismes passés. Nous en parlerons une prochaine fois, si vous voulez bien.

En attendant, à vos stylos, claviers, n’hésitez pas à m’envoyez vos courriers par email à loeufduneuf(a)gmail.com (confidentialité garantie), je m’engage à vous les renvoyer dans un an et à recueillir vos impressions.

 Jolie résolution pour 2015, non ?

La vie est-elle plus belle en anglais ?

J’ai eu la chance de faire un an d’études à Londres en 2001, grâce au dispositif Erasmus. L’anglais est depuis une langue que je lis couramment, que j’écris moyennement et que je parle avec un accent léger comme une vache normande. C’est pour cette raison que je me limite à la lecture. Et grand bien m’en fait.

english
Brian is in the kitchen.

 Avez-vous remarqué à quel point l’anglais est direct, simple, synthétique ? Bien entendu, je ne parle pas de l’anglais littéraire, pointu, délicat, et dont les subtilités m’échappent probablement. Je parle de l’anglais d’Internet, de l’anglais des médias et des blogs, celui qui va droit au but pour être compris le plus vite possible par le plus grand nombre.

 Quand je m’embourbe un peu dans mes préoccupations quotidiennes, j’apprécie particulièrement de prendre l’air en lisant des blogs ou des supports anglophones. Je me surprends même à commenter des articles, à me lancer dans des discussions, à échanger dans cette langue.

 Et c’est souvent là que la magie opère.

 A cause de mon niveau limité, je me débrouille, je copie et m’approprie ce style sans détour, et je change. Je m’échappe de moi-même, de ce moi compliqué et toujours en questionnement, ce moi qui explique comment on fait la montre au lieu de donner l’heure, qui vénère le détail et fustige le global, qui s’emmêle dans ses propres contradictions et ses mille sujets d’intérêts.

CHANGER DE VISION EN CHANGEANT DE LANGUE

En anglais je m’autorise à prendre moins soin de l’interlocuteur, à moins enluminer mes propos. C’est le sens qui prime. Je fais des phrases plus courtes, sans métaphores, factuelles. J’essaye juste de rester drôle, un minimum. Le bénéfice est quantifiable. Changer de langue pour écouter et pour s’exprimer permet aussi de changer l’angle sur les choses et les gens. Voir les choses différemment, prendre de la hauteur, penser plus global.

The big picture, comme ils disent !

 Mais cette constatation n’est pas si nouvelle. J’avais bien appris au lycée que si les grecs et les allemands avaient eu ce temps d’avance dans l’histoire de la philosophie, c’est bien parce que leur langue comprenait dans sa structure les substantifs, outils pour penser les concepts. Pas d’idées sans mots pour les désigner et les manipuler. Changer les mots pour manipuler les idées change aussi la gymnastique qu’on fait avec elles.

Penser en anglais rendrait plus heureux ? Il faudrait comparer avec d’autres langues, interroger des échantillons de personnes variées sur une longue période. La Vie en Rose parisienne, la Gemütlichkeit allemande sont-elles plus douces que la Dolce Vita italienne ? No sé.

Mais ce que je sais en revanche, c’est qu’utiliser une autre langue permet de prendre une distance avec ses habitudes. Cela nous met en équilibre, et nous donne la possibilité de s’observer soi et les autres sous un nouvel angle, ce qui est toujours bénéfique.

Que votre tailor soit rich, ou non. poupoule

Hypersensibles = Hyperhumains ?

Vous ne supportez pas les pulls en laine qui grattent, vous n’aimez pas la musique forte et les conversations superficielles vous ennuient. Vous avez le sentiment que les gens ne prennent jamais de gants avec vous, que vous faites toujours plus attention aux autres qu’ils ne le font pour vous. Vous ne comprenez pas pourquoi votre entourage n’est pas aussi touché que vous par les faits divers atroces, et comment vos amis peuvent visionner sans ciller des scènes de violence dans les films. Vous êtes probablement un des 15% d’hypersensibles qui composent notre espèce. Et ce n’est pas un défaut, bien au contraire. Bienvenue chez les rois du monde !

PENSEZ-VOUS ETRE HYPER ?

Voici ce qui définit un hypersensible :

bombyx disparate
Ceci n’est pas un lapin-papillon, mais un bombyx disparate. C’est un peu à ça que je me fais penser, parfois.

1- Une hyper réactivité à l’environnement : la foule, le bruit, la lumière, les odeurs, … les stimulis extérieurs sont amplifiés. L’envie primaire de se rentrancher au calme est la conséquence inévitable de ces agressions pourtant très ordinaires.

2- Une grande sensitivité corporelle : la sensibilité n’est pas qu’intellectuelle, elle concerne aussi le corps. L’hyper sensible supporte mal la douleur, et le contact physique est autant un plaisir qu’une agression pour lui. L’hyper sensible est également sensible à la température, à la matière des objets et des vêtements.

3- Une vie émotionnelle intense : l’hyper-développement de l’empathie est un des points les plus difficiles à gérer au quotidien. L’hyper sensible se sens invariablement responsable de l’ambiance émotionnelle de son environnement. Les émotions qu’il ressent, bonnes ou mauvaises, sont très fortes, et le temps ne les atténue que difficilement. (c’est le revers d’une mémoire exceptionnelle).

4- Une grande créativité : un fort sens esthétique, l’amour des arts et le goût intense de la musique sont des traits classiques de l’hyper sensible. La créativité n’est d’ailleurs pas qu’artistique : l’hyper sensible fait preuve d’une grande créativité intellectuelle, a beaucoup d’idées, et une capacité particulière à réfléchir par lui-même en dehors des courants dominants.

5- La quête de sens : pour l’hyper sensible, la vie ne se réduit pas au travail, à la famille, à la construction d’une sécurité matérielle, ou à une simple recherche de plaisirs. La quête de sens, le besoin de s’accomplir et de faire coïncider ses talents et ses envies dans son existence est fondamentale.

 En tant qu’hyper-sensible en chef, je peux témoigner de 35 années d’hyper émotivité, d’hyper réceptivité, d’hyper vigilance, d’hyper mémorisation, d’hyper acuité, et d’hyper fatigue, forcément. Bien sûr, je rêverai de créer une société secrète composée uniquement d’hypersensibles, un hyper club de membres hyper lucides qui réussiraient à créer une hyper connivence hyper agréable et hyper reposante, intellectuellement hyper stimulante et forcement hyper drôle.

 Vous l’avez compris, ce que j’aime dans l’hyper sensibilité, c’est bien le HYPER.

 Car j’ai toujours eu l’intime conviction que c’est cette caractéristique prépondérante de ma personnalité qui fait toute ma force, qui est mon super pouvoir magique qui me rend (presque) absolument tout possible. C’est ma différence, mon éclat, mes bottes de sept lieux.

HYPERS HUMAINS ?

L’hypersensible est à mon sens une sorte d’hyper-humain, à la fois à cause de sa capacité à tout ressentir de façon exacerbée et pointue, amplifiée, mais surtout à cause de son empathie maladive et de son besoin impérieux d’assurer un climat émotionnel de qualité là où il évolue. Une hyper humanité tout aussi philanthropique que sensorielle.

 Bien qu’il soit donc naturellement doué pour le bonheur et les interactions de qualité avec les autres, l’hypersensible ne peut atteindre la félicité que dans des circonstances préservées des désagréments de la vie quotidienne.

Si vous vous reconnaissez, voici 4 conseils testés et approuvés pour optimiser cette chance, en faire un super pouvoir effectif, et en être pleinement heureux :

1- Se déculpabiliser : vous n’êtes pas anormal, vous êtes différent ; une sorte d’humain amélioré en quelque sorte. Hors le monde n’est pas du genre amélioré, d’où certains décalages, dont vous n’êtes pas responsable.

2- Se protéger des lieux, personnes, circonstances qui vous touchent. Sans hésitation surtout : en vous protégeant de ce qui vous met systématiquement en pelote, vous préserverez votre énergie et votre moral. Et vous n’aurez plus le sentiment de subir un environnement qui vous agresse et vous ballotte.

3- Arrêter d’interpréter et d’absorber les émotions des autres. Vraiment. Et c’est le plus dur. Ou alors seulement celles des gens qui comptent.

4- Prendre conscience de l’atout que représentent l’hyper vigilance et l’hyper acuité dans la vie personnelle comme professionnelle : c’est toujours une force de réussir à ressentir intuitivement ce que pensent les gens. Cela facilite la prise de position dans un groupe, l’anticipation, la négociation, l’échange. Ne vous voilez pas la face, les situations vous surprennent rarement, vous savez toujours parfaitement ce qui est en train de se passer. Apprenez à réagir en conséquence ! Déployez vos radars, écoutez-vous, faites-vous confiance, et c’est magique ; ça fonctionne !

 Pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette description, sachez que vous êtes doté d’un bagage émotionnel et sensoriel identique à celui des hypersensibles déclarés.

 Il est seulement moins rapide ou plus sage. Néanmoins, les qualités d’hyper-sensibilité peuvent être développées chez chacun, en essayant d’atteindre la pleine conscience dans un maximum de circonstances de la vie.

 Alors au boulot !

La pensée positive ne l’est pas tant que ça

Lorsqu’on parle de psychologie positive autour de soi, on s’aperçoit rapidement qu’elle est presque systématiquement confondue avec la pensée positive. Ceci nécessite un éclaircissement.

La psychologie dite positive, lancée en 1998 par le psychologue président de l’association professionnelle la plus importante au monde en ce domaine, Martin Seligman, a pour objet l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain. Elle se construit sur des recherches scientifiques concrètes, publiées dans des revues spécialisées, révisées par les pairs, et donc conformes aux pratiques de la communauté scientifique.

La pensée positive est une affaire qui prête plus volontiers à sourire. Un peu magique, elle n’est pas un concept de psychologie, mais repose sur des ouvrages populaires internationaux de type « best-sellers », écrits par des non-psychologues. Ces ouvrages ont eu un immense rayonnement, mais ils n’ont aucun fondement solide en psychologie.

Pourtant, la pensée positive est un concept tellement familier et séduisant que tout le monde le connaît semble l’avoir déjà expérimenté. Pour obtenir quelque chose, il suffit d’y penser très fort.

De nombreux courants se réclament d’ailleurs de la pensée positive depuis le début du 20eme siècle (et vendent beaucoup de livres et de formations). La méthode Coué (de l’abbé Coué) se base sur l’autosuggestion, Norman Vincent Peal (pasteur) prône un positivisme absolu (interdiction d’utiliser la négation), Joseph Murphy recommande la répétition et la visualisation, et Rhonda Byrne (productrice de télévision) avec sa fameuse et surréaliste Loi d’attraction, en est la grande la papesse. Tout cela ne semble pas bien méchant, et on peut se demander en quoi cette discipline pourrait nuire en quoi que ce soit.

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Pourtant, la pensée positive ne l’est pas tant que ça :

1. Culpabilisante : elle stipule que la pensée est une énergie qui attire ce qui vibre à la même fréquence qu’elle : pensez et visualisez argent, sexe et fortune, et tout cela viendra naturellement à vous. (c’est le principe de la Loi d’attraction)
Donc si cela ne vient PAS à vous, c’est que vous avez faillit dans votre contrôle mental. Vous n’avez pas pensé et visualisé assez fort, assez longtemps ou avec assez de conviction. C’est donc de votre faute, et vous culpabilisez. Bien fait.

2. Nie la réalité : la pensée positive renforce le phénomène de dissonance cognitive. Nommé ainsi par le psychologue Léon Festinger en 57, ce phénomène est celui que l’on expérimente lorsque nous formulons deux pensées simultanées contradictoires. Le fumeur qui apprécie de fumer sait en même temps que cela n’est pas bon pour sa santé. Pour réduire cette dissonance cognitive, il va se persuader par auto-suggestion que fumer n’est pas si grave. Ce fonctionnement naturel du cerveau permet de prioriser les pensées contradictoires simultanées et de gérer les tensions associées. Il est donc très facile de glisser de la pensée positive à la réduction de la dissonance cognitive, pouvant aller jusqu’au déni de la réalité. Pour un malade qui doit se soigner par exemple, mauvaise idée.

3. Réduit l’estime de soi : les pensées négatives ont pour objectif, avec les positives, de nous donner un éventail allant du pire au meilleur pour analyser la réalité de notre environnement. En l’absence de son revers négatif, la pensée positive retire aux heureux événements leur saveur. Un compliment hypocrite sur un plat raté n’a pas de sens, un enfant qu’on félicite en permanence ne sait plus quand il réussit vraiment quelque chose. La pratique de la pensée positive peut égarer l’individu dans la perception réelle de son estime de soi, qui va alors, en l’absence de repères, dégringoler. Ambiance.

4. Ethiquement discutable : Pour finir, la vilaine Loi d’attraction qui régit le principe de pensée positive est profondément amorale. Selon l’effet papillon, obtenir quelque chose que l’on désire par la visualisation et la pensée positive pourrait se faire au détriment d’autrui. On choisi de vouloir quelque chose, mais pas la façon dont nous allons l’obtenir. Sympa.

Voilà. J’espère que cet article vous aura définitivement convaincu de la différence fondamentale entre la pensée positive, principe pseudo magique sans fondement scientifique, et la psychologie positive, thème de ce blog, qui est l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain.

Ce n’est pas pareil !

Si vous n’êtes pas d’accord, soyez bien sûr libres de commenter !

Bonheur naturel ou synthétique ?

Pour être parfaitement honnête, je voulais créer et animer un blog de mode.

J’ADORE les blogs de mode. Comme celui de Betty, de Stéphanie, d’Alix, de Marion… J’y passe des heures, à regarder des belles photos filtrées de jeunes femmes élégantes, étonnantes, et stylées sur des fonds urbains ou tropicaux. Je regarde leurs sélections shopping, je clique sur les liens, je remplis des paniers virtuels avec leurs vêtements coûteux et rares, leurs accessoires pointus mais improbables pour ma vie quotidienne. J’aime leurs physiques variés et leur goût pour l’objet, l’image, la mise en scène. Et c’était vraiment cela que j’aurai voulu vous offrir.

 Mais je n’ai ni le budget fringues, ni le physique, ni le photographe, ni le temps, ni les idées, ni rien de ce qu’il faudrait pour tenir un blog de mode inspiré et inspirant. Alors j’ai fais un blog sur la psychologie positive, ma psypopote, qui m’apporte beaucoup.

Pourquoi ? Parce que j’ai intuitivement compté sur « mon système immunitaire psychologique », c’est à dire la capacité de mon cerveau à s’adapter à un événement que je n’ai pas souhaité, ou qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Le professeur Daniel Gilbert, de l’université de Harvard, explique ce concept en distinguant le bonheur naturel, que l’on obtient lorsque qu’on atteint un objectif fixé, et le bonheur synthétique, qui découle de notre adaptation positive, notre rebond, à une situation que nous n’avons pas choisie.

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 La question fondamentale sur ce sujet reste tout de même : lequel de ces deux bonheurs est le plus appréciable ?

Spontanément, on aurait tendance à penser que le bonheur synthétique n’est qu’un bonheur de second choix, une adaptation bon gré mal an aux événements qui nous dépassent. Certainement moins épanouissant, donc, que le bonheur naturel, plus évident, plus noble, qui est synonyme à la fois de chance et de reconnaissance des efforts fournis.

 Détrompez-vous ! Cette capacité au bonheur synthétique est une grande force. Notre grande force d’humain.

Chaque journée, chaque semaine, chaque année a ses déceptions et ses échecs, incontournables dans un monde que nous ne pouvons contrôler. Rester hargneux et regretter éternellement les opportunités ou les buts qui nous échappent nous rendrait simplement la vie impossible. On s’adapte pour rester heureux, en dépit de l’adversité de ce triste monde cruel. Nous sommes tous dotés de ce système immunitaire psychologique, cette faculté de fabriquer le bonheur, mais bien sûr, certains le font mieux que d’autres. Et dans certaines situations seulement ; la fabrication du bonheur synthétique est en effet plus efficiente en cas d’impasse, lorsque nous n’avons pas le choix. La liberté de choix au contraire n’est pas favorable à la fabrication du bonheur synthétique, car la multiplicité des alternatives entraine la possibilité du regret. Dans mon cas, pas de regret d’avoir choisi un blog de psychologie positive à la place d’un blog de mode, car je n’avais pas le physique approprié pour ce projet. L’œuf du neuf me rend en revanche sincèrement heureuse, bien plus qu’un blog de mode tenu par moi ne le ferait. Bonheur synthétique, bonheur à part entière.

 C’est ce processus qui est en œuvre également, à plus grande échelle, lorsque les personnes, après un accident de la vie, relèvent la tête et rebondissent. Une fois la tempête passée, leur inconscient rend acceptable ce qu’ils ont déjà, illumine ce qui reste pour qu’ils puissent reprendre la route. Ils changent de vie, prennent les choses en mains, et remontent sur le canasson du bonheur. Un canasson synthétique, mais qui va les porter vers leurs objectifs et leur permettre une nouvelle vie heureuse.

 De par sa nature « endogène », le bonheur synthétique est donc souvent plus durable que le bonheur naturel ; il est comme un système embarqué, nous le confortons inconsciemment. Le bonheur naturel, « exogène », beaucoup moins contrôlable, reste beaucoup plus aléatoire.

 Et vous, votre bonheur, vous le prendrez naturel ou synthétique ?