POUR OU CONTRE LE CARNET DE GRATITUDE

carnet pinup

La gratitude est l’action de remercier et d’être reconnaissant pour quelque chose. C’est un levier de satisfaction au centre de nombreuses études sur le bonheur. Tenir un carnet de gratitude (ou de kifs), c’est-à-dire noter chaque jour trois faits pour lesquels on est reconnaissant ou content, permet de se forcer à prendre conscience de l’importance que peuvent avoir des petites ou grandes choses, et ainsi à tirer davantage de plaisir du quotidien.

 Est ce que ça marche ? Pour le savoir, j’ai testé, pour vous, pendant 6 mois, le carnet de gratitude. Suspens.

 Jour 1 : je note mes kifs mais je n’y crois pas. Je n’arrive pas du tout à dire « merci la vie » pour des bricoles. Si je gagne à l’Euromillions on en reparlera, mais pour le moment je n’en suis clairement pas là.

 Jour 3 : j’arrive à trouver l’élan pour remercier « la vie » de m’avoir fait connaître un bon ami il y a 7 ans, même si on ne se voit plus depuis 6. Cette rencontre parfaitement platonique a été inspirante et continue à me nourrir. Et j’ai eu cet élan juste après m’être dit que je n’arrivais pas à formuler en moi l’élan de gratitude pour mes kifs quotidiens, comme quoi, on a l’esprit de contradiction, ou on ne l’a pas.

 Jour 4 : rien à signaler, je suis sur un projet et je suis plutôt crispée. J’ai eu dans la soirée un élan de gratitude envers mes parents qui gardent ma fille, ce qui me permet de travailler plus tranquillement.

 Jours 6, 7 et 8 : rien de spécial, sinon que je me sens plus assurée et plus à l’aise dans la vie. Je dis les choses plus facilement aux gens, je suis plus authentique. Mais je ne sais pas si c’est lié aux kifs. Je ne suis toujours pas dans le remerciement. Mais je ne fais peut être pas assez d’efforts.

 Mois 1: J’ai acheté une fougasse pour un SDF qui fouillait les poubelles à côté de la boulangerie. Je ne sais pas si j’aurai fais ça avant. Je ne sais pas si c’est lié aux kifs. J’ai toujours du mal avec la reconnaissance, mais j’arrive à avoir un élan quand cela concerne l’amour des autres humains (famille, amis) et les états de grâce (quand j’écris, que je peins ou que je chante – ce qui je précise n’est un état de grâce que pour moi).

Mois 2 : J’ai de plus en plus l’impression que tout est à nouveau possible, qu’il n’y a plus de limite à mes projets. Je pense à nouveau, mon esprit s’est remis en marche. Il y a quand même des jours où je sens que j’ai moins de force et où je rentre à nouveau la tête dans les épaules.

Mois 3: je pense plus à faire plaisir aux autres… J’ai envie d’avoir des petites attentions raisonnables pour chacun. J’ai toujours du mal avec la gratitude vis à vis de mes kifs, c’est comme une pudeur qui m’empêche d’avoir l’élan nécessaire pour vraiment remercier dans le vide.

 Mois 4 : je pense aller à la salle de sport qui vient d’ouvrir à côté. Les choses me paraissent moins compliquées en général. Je pense que je serai un jour blonde comme Kate Moss. J’ai l’impression d’être en marche.

 Mois 5 : je n’ai plus besoin de repenser à ma journée pour noter mes kifs, je les reconnais dès qu’ils arrivent. Je pense être plus souriante, ouverte, détendue. Le regard des gens sur moi change, je me sens par moment toute puissante, présente, en phase.

Et à d’autres moments plus du tout, j’ai peur que cet état ne soit qu’une imposture de mon esprit. Parfois je suis au top, parfois je n’y crois plus une seconde…

Mois 6 : Je ne note plus mes kifs sur mon agenda maintenant, mais je les note mentalement. Je les remarque, je les distingue dès qu’ils arrivent. Je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai le sentiment de recevoir beaucoup d’amour en ce moment, et ça me rend heureuse. J’ai l’impression de nager dans un pot de confiture.

 Conclusion sur 6 moins de gratitude : Même si je ne le formule toujours pas verbalement, je parviens à exprimer une gratitude vis à vis des choses, que j’analyse plutôt comme une bouffée de bien-être et de satisfaction. Dire merci, au fond, c’est être content de ce que l’on a.

 Mais sans se voiler la face sur la réalité, et c’est fondamental. Ce genre de méthode ne doit pas rendre irresponsable. Un arc en ciel et des bons amis ne rajoutent pas des sous sur mon compte (ou alors ce sont VRAIMENT de très bons amis) et ne guérissent pas les malades…Mais leur présence améliore le quotidien, et c’est déjà ça !

Article en collaboration avec Zen&Zolie

LOVE 2.0 : Everybody gonna love today

love2.0

Aujourd’hui on ne lit pas des romans d’amour, mais un livre de Barbara Fredrickson, sur l’amour vrai dans toutes les bêtes situations de nos journées, avec tout le monde…Vous allez voir, c’est très intéressant tout cet amour…

Dans l’introduction, Matthieu Ricard (on parle beaucoup de lui en ce moment pour son Plaidoyer pour les animaux, mais il a aussi publié Plaidoyer pour le bonheur ou Plaidoyer pour l’altruisme) distingue la psychologie positive, « domaine de recherche scientifique qui s’est donné pour but d’étudier et de renforcer les émotions positives, celles qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre », de la « pensée positive », qu’il décrit comme une espèce de baguette magique à la limite du charlatanisme. Donc, la psychologie positive n’est pas seulement une manière de voir le verre à moitié plein, mais de se mettre plus en interaction avec les autres et de penser et d’agir pour un bonheur commun. Il y a d’ailleurs un Top 10 établi par Barbara Fredrickson des émotions positives : la plupart se vivent à plusieurs, comme la gratitude, l’intérêt, l’amusement… ou l’amour.

 Car le but de Love 2, sous-titré « Ces micro-moments d’amour vont transformer votre vie », c’est justement de nous aider… à aimer. Pas dans un sens romantique, évidemment, puisque ça, on sait déjà… Mais dans un sens de bienveillance, d’altruisme, d’empathie, d’entraide… Ce qui est parfois plus compliqué ! « Le fait est que tous les gens connaissent des bonheurs et des malheurs toute l’année, si ce n’est tous les jours » écrit-elle. « Quand vous regardez les autres, même si vous ne leur adressez pas la parole et vous ne savez pas grand-chose d’eux, vous pouvez être sûr qu’ils connaissent à la fois des bonheurs, petits ou grands, et des revers, là encore petits ou grands. Chaque individu que nous croisons mérite donc à la fois notre compassion et notre réjouissance aimantes. » Pas uniquement pour être sympa et aider le monde aller mieux (encore que c’est déjà pas mal). Mais parce que cette positivité des rapports, ce plan relance de la communication, de l’humanité et de la bienveillance, se traduit, oui, dans sa petite vie personnelle, par plus d’émotions positives (y compris un petit peu égoïstes) comme la sérénité, la joie, la fierté…

 A part ça, dans le livre, il y a du discours théorique, il y a des exemples pratiques, et il y a des exercices. Souvent assez rigolos à faire, si tant est qu’on aime un peu l’introspection. Par exemple : « Examinez votre travail en lui-même, vos habitudes de travail, vos attitudes au travail. Quelle part de travail effectuez-vous avec les autres ou en leur présence ? Combien de temps, pendant ces moments-là, vous efforcez-vous consciemment d’être en relation avec les autres ? Prenez-vous le temps de les écouter et de croiser leur regard ? (…) Comment consacrer plus d’énergie à cultiver la relation aux autres ? Quels rituels ou quelles habitudes pouvez- vous créer pour introduire plus d’amour dans votre journée de travail ? Quels indicateurs vous aideraient à mesurer, vous et vos collègues, si cet investissement porte ses fruits ? »

 Pour celles qui restent perplexes, je terminerai avec cette petite liste de moments d’amour qui est en réalité au début du livre et qui m’a mieux fait comprendre de quoi il était question :

 « En réglant ses courses, on rit avec le caissier à la vue d’une tomate à la forme étrange qui nous fixe dans le panier.
En allant chercher le courrier, on tombe sur un voisin que l’on n’a pas vu depuis un moment et on s’arrête pour bavarder avec lui. En quelques minutes, on se retrouve à discuter allègrement de passions communes.
Au bureau, on célèbre une réussite collective en se tapant dans la main et en s’embrassant.
En faisant son jogging matinal, on sourit et on salue d’un signe de tête les autres coureurs en leur souhaitant intérieurement une bonne journée.
On serre longuement dans ses bras un parent au retour d’un voyage qui nous a séparés durant trop longtemps. »

Cette chronique est tirée du blog des paresseuses, et comme j’en fais partie et que je l’ai trouvé bien fait, il inaugure ma rubrique littéraire… Je vous souhaite beaucoup d’amour aujourd’hui !