LES CHAPEAUX DE BONO

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L’article d’hier était costaud, avec un test, des forces, des choses complexes à digérer. Aujourd’hui, c’est plus léger, mais tout aussi utile au travail, pour la prise de décision comme pour la résolution de problèmes. Je vais vous parler des chapeaux De Bono. Rien à voir avec les couvre-chefs du leader de U2 (désolée). Cette théorie tire son nom de celui de son créateur, Edward De Bono. C’est beaucoup moins rigolo, je sais, mais c’est comme ça. Ecoutez pourtant : l’idée générale est que lorsque nous réfléchissons, nous recevons un tas d’idées en même temps. Et là, c’est la CONFUSION ! Le tri s’opère très rapidement et automatiquement, en fonction de nos croyances, de nos expériences, de notre culture. Ce qui est bien dommage, car sans le savoir nous éliminons ainsi des idées potentiellement excellentes, simplement parce qu’elles déstabilisent notre façon de penser.

En découpant notre réflexion en séquences distinctes, nous parvenons à nous concentrer sur une chose à la fois, et empêchons notre censure interne d’éliminer directement des idées qui nous déconcertent. Edward De Bono (Ed pour les intimes) propose de diviser la recherche de solutions en 6 phases, chacune représentée par un chapeau de couleur qui va symboliser physiquement une façon de penser.

Quel intérêt ? Carnaval ?

Petits cyniques, vous allez être bien déçus ; cette technique est très utile pour notamment voir la situation sous des angles différents et ainsi admettre la multiplicité des points de vue, ce qui permet d’explorer de nouveaux champs de réflexion. Ainsi, nous pouvons construire une vision à la fois globale et détaillée du sujet.

Concrètement, il s’agit tout simplement de passer la situation et les solutions possibles par les filtres des 6 chapeaux. Mais voyons-les plutôt, ces fameux chapeaux.

  •  Le chapeau blanc représente la neutralité : les faits, dénués d’interprétations. Il peut s’agir de chiffres, d’informations factuelles, de dates, de délais, de montants, de lieux en lien avec le sujet.

Dans votre situation: quels sont les faits?

  •  Le chapeau rouge représente les émotions, sentiments, impressions, intuitions associées à la situation.

Dans cette situation, que ressentez-vous? Qu’est ce que qui compte pour vous ?

  • Le chapeau vert représente la créativité sans censure, la fertilité des idées.

Quelles sont les solutions possibles, y compris les plus folles?

  •  Le chapeau jaune représente l’optimisme, la critique positive, les bénéfices à tirer des solutions proposées.

Pour chacune de ces solutions, on peut faire quelque chose : quoi mettre en oeuvre concrètement ?

  •  Le chapeau noir représente les objections, l’anticipation des dangers et des risques, la prudence.

Pour chacune de ces solutions : quels sont les risques? Les avantages et inconvénients?

  • Le chapeau bleu représente l’organisation, la canalisation des idées, la synthèse gagnante : c’est le chapeau qui englobe tous les autres.

En prenant tout cela en compte: quelle est la solution à retenir? Comment organiser sa mise en oeuvre ?

Je vous ai illustré ici avec un croquis rapide un exemple de questionnement classique dans le parcours professionnel : Should I stay or should I go ? (est ce que je pars ou est ce que je reste?) évalué grâce à la technique des chapeaux De Bono et d’une sorte de Mind Map (ça aussi on va en reparler…)

Les chapeaux fonctionnent aussi lors de réunions, pendant lesquelles on va attribuer aux participants une couleur qui va déterminer la nature de leurs interventions. En faisant circuler les chapeaux, on s’ouvre à des modes de pensée qui nous sont moins naturels que d’autres.

Par exemple dans mon cas, le chapeau noir est ma couronne. Il n’y a pas meilleure Cassandre que moi, pour détecter instantanément toutes les faiblesses d’un projet (ça ne marchera JAMAIS ! Heureusement que je ne travaille pas dans la R&D). Je me force donc à porter le chapeau jaune pour penser plus positif et croire en des idées mêmes très étonnantes !

Penser “chapeau” me permet aussi de me dégager des situations émotionnellement tendues ; en cas de crise, je jette mon chapeau rouge par terre pour prendre mon chapeau blanc et faire le point sur les faits sans affect… Ou au contraire, je pose mon chapeau blanc ou vert pour passer mon chapeau rouge quand il s’agit d’être à l’écoute…

A présent, à vous de tirer les bonnes solutions de vos chapeaux !

A demain pour un nouvel article !

Mind Mapping is hot !

mindmap

Il faut que je vous parle d’un truc qui me rend dingue. Mais vraiment, et en même temps, c’est quelque chose qui m’apaise, me permet d’être en contrôle, de me sentir au top et d’être hyper productive. Et c’est quelque chose de parfaitement légal, ni blanc ni poudreux.

Je vais vous parler de ce sujet qui me fascine, et dans lequel je ne peux m’empêcher de me rouler avec complaisance, presque lascivement : le mind mapping.

 BING !

Je sais, j’ai l’air folle, mais c’est vraiment l’effet que ça me fait. Florence Servan-Scheiber parle de super pouvoirs dans son livre Power Patate (magistralement chroniqué ici, en vidéo, vu à la TV), qui nous rendent heureux parce que en pleine possession de nos moyens ? Et bien moi, mon super pouvoir, c’est le « mind mapping thinking » permanent. Mon fantasme d’omniscience enfin réalisé. Ou presque.

Je vous explique : le mind mapping une technique d’organisation de l’information sous forme de schémas heuristiques (c’est le nom français) et illustrés. Cette méthode de gestion de l’information est sensée reproduire le schéma en œuvre dans notre cerveau au moment de l’acquisition d’une connaissance, de son traitement, de son archivage et de son exploitation au bon moment.

Je connaissais cette technique pour l’avoir apprise pendant mes études, mais je ne l’avais jamais concrètement mise en œuvre. Je savais seulement que cela existait, et même (fabuleuse mémoire) que le maître créateur de la discipline était un anglais nommé Tony Buzan. J’ai redécouvert ses idées en lisant « une tête bien faite » en français, que j’ai immédiatement mis en application.

Une mind map est dessinée sur du papier ou un écran, et se construit comme suit : au centre est représenté le thème ou sujet de la Mind Map en image et en mots. Depuis ce centre, des branches en couleur irradient dans toutes les directions en portant les idées principales sous forme de dessins et de mots-clés. Ces branches irradient à leur tour vers des idées secondaires, en image et mot-clé, etc.

Tout d’un coup, on voit, on pense, on projette « global ». Une vue d’ensemble, qui permet de maitriser d’un coup d’œil tous les enjeux, qui s’enchainent logiquement, d’hier à demain, du concept à son application. La relativité toute entière en 2D, créée par moi. (Cette toute puissance a de quoi rendre fou, je vous assure !). Cette méthode peut s’appliquer à absolument tout, depuis le résumé d’un livre jusqu’à la gestion d’un projet demandant des scénarios complexes de solution et d’aide à la décision. Vie privée, vie professionnelle, tout peut être analysé sous ce spectre. Cet angle a l’énorme avantage de permettre une prise de recul conséquente, et par la magie des associations d’idées, de rendre incroyablement créatif.

Et moi je kiffe. Je me surprends même parfois à map minder sans y penser. Et je peux vous assurer que regarder ses propres idées se faire et se défaire, se projeter, rebondir, éclore, s’auto valider ou se supprimer, c’est presque de la pornographie intellectuelle.

 Je vous explique comment faire dans un prochain article…chaud !