MANGER LE COEUR DE SON ENNEMI

coeur

Aujourd’hui je vais vous parler d’une expérience amusante, qui n’a rien à voir avec Ko-Lanta et qui va vous changer pour toujours. Il faut être deux (c’est toujours mieux) ou tout seul, mais alors parfaitement honnête et objectif. Car il va s’agir de critiquer les gens qu’on n’aime pas !

Ah ! Mais ce n’est pas POSSIBLE, MOI j’aime TOUT LE MONDE ! Et bien tant pis pour vous alors, car vous allez vous priver d’une possibilité de vous améliorer… un peu. Allez, vous allez bien trouver quelqu’un à critiquer, non? Même pas votre mère ? Ou votre BELLE-mère ? De toutes façons, comme nous sommes ici dans une rubrique de psychologie positive, il va nous falloir être hyper constructif, même en matière de critique.

Je vais donc tester, en direct, sous vos yeux ébahis et dégoûtés, ce qu’on appelle « Manger le cœur de son ennemi ». Tout cru ! Miam ! Mais pourquoi ? Explication. Il y a forcément autour de vous des gens qui vous impressionnent, qui vous font sentir tout petit, vulnérable, intellectuellement ou émotionnellement. En essayant de verbaliser le pourquoi de cet inconfort dans l’oreille charitable (et de confiance si possible, choisissez bien) d’une amie, ou en les rapportant par écrit (c’est plus sûr, mais moins convivial), nous devons essayer d’identifier les conséquences positives (oui, po-si-tives !) du comportement de ces personnes qui nous stressent à mourir.

Pour ma part, je suis souvent impressionnée par les femmes ultra féminines, très maquillées, bijoutées, parfumées, les talons au menton, qui en dépit de ces artifices visibles respirent quand même la confiance en elles (appelons-les les Paonnes). Je suis parallèlement aussi très perturbée par les gens qui ne font aucun effort pour être appréciés (appelons-les les Ours). Qu’en déduis-je, mon cher Watson ? L’audace et le détachement, voilà deux traits de caractères qui semblent clairement me déranger chez les gens. Ceux qui en font trop m’ennuient et m’agacent, et ceux qui n’en font pas assez m’énervent tout autant. Mais moi, qu’est ce que je fais alors ? Bonne question, car souvent, ce qui nous inquiète chez les autres est ce que nous ne maitrisons pas. Alors qu’est ce que manger le cœur de mes ennemis Les Paonnes et Les Ours pourrait bien m’apporter ? Toutes ces personnes, je les sens capables de toujours avancer sans douter, et je les envie !

J’aimerais tellement ne pas tout prendre autant à cœur, me poser moins de questions, et ne pas me préoccuper de ce qu’on pensera de moi, si je me maquille trop, si je me mets trop en avant, si j’ai l’air de me la raconter, si je ne prends pas assez soin des gens, si je suis trop sûre de moi, même quand je maîtrise parfaitement un sujet ! Je n’ai pas leur assurance (liée à leur culot ou leur égoïsme), et pourtant j’en vois bien les bénéfices. Et si je pouvais faire pareil ? Audace et détachement ! Paonne et Ours à la fois… au moins de temps en temps ?

Curieuse de savoir si cet exercice vous aura aidé, et quels cœurs vous aurez dévoré… Au pire, vous aurez passé une bonne soirée ! A bientôt dans l’Oeuf !

POUR OU CONTRE LE CARNET DE GRATITUDE

carnet pinup

La gratitude est l’action de remercier et d’être reconnaissant pour quelque chose. C’est un levier de satisfaction au centre de nombreuses études sur le bonheur. Tenir un carnet de gratitude (ou de kifs), c’est-à-dire noter chaque jour trois faits pour lesquels on est reconnaissant ou content, permet de se forcer à prendre conscience de l’importance que peuvent avoir des petites ou grandes choses, et ainsi à tirer davantage de plaisir du quotidien.

 Est ce que ça marche ? Pour le savoir, j’ai testé, pour vous, pendant 6 mois, le carnet de gratitude. Suspens.

 Jour 1 : je note mes kifs mais je n’y crois pas. Je n’arrive pas du tout à dire « merci la vie » pour des bricoles. Si je gagne à l’Euromillions on en reparlera, mais pour le moment je n’en suis clairement pas là.

 Jour 3 : j’arrive à trouver l’élan pour remercier « la vie » de m’avoir fait connaître un bon ami il y a 7 ans, même si on ne se voit plus depuis 6. Cette rencontre parfaitement platonique a été inspirante et continue à me nourrir. Et j’ai eu cet élan juste après m’être dit que je n’arrivais pas à formuler en moi l’élan de gratitude pour mes kifs quotidiens, comme quoi, on a l’esprit de contradiction, ou on ne l’a pas.

 Jour 4 : rien à signaler, je suis sur un projet et je suis plutôt crispée. J’ai eu dans la soirée un élan de gratitude envers mes parents qui gardent ma fille, ce qui me permet de travailler plus tranquillement.

 Jours 6, 7 et 8 : rien de spécial, sinon que je me sens plus assurée et plus à l’aise dans la vie. Je dis les choses plus facilement aux gens, je suis plus authentique. Mais je ne sais pas si c’est lié aux kifs. Je ne suis toujours pas dans le remerciement. Mais je ne fais peut être pas assez d’efforts.

 Mois 1: J’ai acheté une fougasse pour un SDF qui fouillait les poubelles à côté de la boulangerie. Je ne sais pas si j’aurai fais ça avant. Je ne sais pas si c’est lié aux kifs. J’ai toujours du mal avec la reconnaissance, mais j’arrive à avoir un élan quand cela concerne l’amour des autres humains (famille, amis) et les états de grâce (quand j’écris, que je peins ou que je chante – ce qui je précise n’est un état de grâce que pour moi).

Mois 2 : J’ai de plus en plus l’impression que tout est à nouveau possible, qu’il n’y a plus de limite à mes projets. Je pense à nouveau, mon esprit s’est remis en marche. Il y a quand même des jours où je sens que j’ai moins de force et où je rentre à nouveau la tête dans les épaules.

Mois 3: je pense plus à faire plaisir aux autres… J’ai envie d’avoir des petites attentions raisonnables pour chacun. J’ai toujours du mal avec la gratitude vis à vis de mes kifs, c’est comme une pudeur qui m’empêche d’avoir l’élan nécessaire pour vraiment remercier dans le vide.

 Mois 4 : je pense aller à la salle de sport qui vient d’ouvrir à côté. Les choses me paraissent moins compliquées en général. Je pense que je serai un jour blonde comme Kate Moss. J’ai l’impression d’être en marche.

 Mois 5 : je n’ai plus besoin de repenser à ma journée pour noter mes kifs, je les reconnais dès qu’ils arrivent. Je pense être plus souriante, ouverte, détendue. Le regard des gens sur moi change, je me sens par moment toute puissante, présente, en phase.

Et à d’autres moments plus du tout, j’ai peur que cet état ne soit qu’une imposture de mon esprit. Parfois je suis au top, parfois je n’y crois plus une seconde…

Mois 6 : Je ne note plus mes kifs sur mon agenda maintenant, mais je les note mentalement. Je les remarque, je les distingue dès qu’ils arrivent. Je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai le sentiment de recevoir beaucoup d’amour en ce moment, et ça me rend heureuse. J’ai l’impression de nager dans un pot de confiture.

 Conclusion sur 6 moins de gratitude : Même si je ne le formule toujours pas verbalement, je parviens à exprimer une gratitude vis à vis des choses, que j’analyse plutôt comme une bouffée de bien-être et de satisfaction. Dire merci, au fond, c’est être content de ce que l’on a.

 Mais sans se voiler la face sur la réalité, et c’est fondamental. Ce genre de méthode ne doit pas rendre irresponsable. Un arc en ciel et des bons amis ne rajoutent pas des sous sur mon compte (ou alors ce sont VRAIMENT de très bons amis) et ne guérissent pas les malades…Mais leur présence améliore le quotidien, et c’est déjà ça !

Article en collaboration avec Zen&Zolie

CONNAISSEZ-VOUS VOS FORCES ?

super heros

Bonjour les poussins ! Bienvenue dans le premier article de notre 1ère Working Week ! Une série de thématiques qui a pour ambition de vous rendre plus confortable au travail, plus efficace plus facilement, et surtout plus heureux.

La première étape, et non des moindres, pour démarrer, va consister en la découverte des qualités qui vous caractérisent. Car impossible de bien travailler si nous ne savons pas nous-même comment nous travaillons, c’est-à-dire comment nous fonctionnons et avec quels leviers.

 Pour ce faire, vous allez identifier parmi les 24 forces, qui sont les pièces du puzzle des personnalités de l’humanité entière, lesquelles vous animent et vous guident naturellement.

 Ces forces ont été identifiées dans les années 90 et 2000, sous l’égide des psychologues Seligman, Myers et Peterson, et pas en claquant des doigts. Plus de 40 chercheurs ont parcouru le monde pendant plusieurs années, pour rencontrer les peuples, du plus premier au plus évolué, et examiner leurs habitudes et leurs histoires. Ils ont parlé, écouté, échangé, pour identifier les valeurs positives communes les plus fondamentales à notre espèce. Des concepts bénéfiques importants et précieux selon toutes les cultures. Ces valeurs positives élémentaires ont été synthétisées en 6 catégories, dites « vertues », qui se déclinent chacune en « forces de caractère ». Ces forces, ou qualités, sont au nombre de 24. Vous pouvez les découvrir ici.

 Chacun d’entre nous les possède. Il y a en nous au moins un tout petit peu de ces 24 qualités élémentaires. Cependant, elles existent chez chacun à des niveaux d’expression variés, et cette combinaison unique fait la singularité de nos personnalités, de nos caractères et de nos modes de réaction personnels aux situations que nous rencontrons. Ce cocktail précis est notre arme secrète, puisqu’elle n’appartient qu’à nous.

 Pourquoi est-ce important de connaître ses forces ?

 Pour bien travailler, on a besoin d’être heureux. Et à fortiori que notre tâche nous rende heureux aussi. Fonctionner en exprimant ce que l’on a en soit de plus naturel, de plus évident, nous garantit une place à notre mesure. Une place qui nous va bien, qui nous rend bien, qui nous procure bonheur et satisfaction. Nous sommes dans cette situation quand nous utilisons les forces qui nous caractérisent : elles sont les outils préférés de notre boite, nous les connaissons par cœur et les manions à merveille. Votre gentillesse vous permet de vous sortir de toutes les situations ? Pour un autre, cela sera sa persévérance, et un autre sa créativité, sa curiosité ou son sens de la justice.

L’outil que nous utilisons prioritairement n’est pas le plus adapté à la situation ? Peu importe, son utilisation nous rend heureux d’effectuer la tâche, et le chemin pour atteindre l’objectif nous ravira davantage qu’en nous contraignant à utiliser un outil plus adapté, mais que nous avons moins l’habitude d’utiliser. Nous avons donc plus intérêt à nourrir nos forces, qui sont nos prédispositions, qu’à essayer de lutter contre nos défauts.

La connaissance de nos forces nous permet aussi de nous connaître en toute objectivité, sans risque de vantardise ; tout le monde possède des forces, chacun sa combinaison secrète ! On gagne ainsi le droit de se bichonner et de s’encourager, de croire en soi et d’apprécier sa propre façon d’être… On a pas encore trouvé mieux pour la confiance en soi !

 Toutes les combinaisons de forces sont valables pour obtenir un résultat !

Pour connaître votre combinaison personnelle, votre boite à outils, votre trousseau de clés, réalisez ce test en ligne, en français. Il est piloté par les scientifiques de l’institut VIAME de Minneapolis. Il est gratuit et accessible à tous. Il vous prendra une 12aine de minutes. Répondez le plus spontanément possible, en évitant les réponses neutres. L’adresse email que vous communiquez pour faire le test vous permet de recevoir par email la fiche récapitulative des résultats de votre test. Ne cliquez pas sur les options qui proposent des versions commentées à 20 ou 40 dollars, vous n’en avez pas besoin.

 Votre résultat ne va pas vous donner de pourcentages, mais une liste des 24 forces dans l’ordre où elles s’expriment chez vous. Les 5 premières seront votre trousseau magique. Les 5 dernières ne seront pas des défauts, elles restent des forces à part entière, mais simplement leur position signifie que vous avez moins l’habitude de les utiliser. Mettez-les en perspective à la lumière de votre activité, et elles vous donneront aussi des informations sur vous.

 Il est intéressant de refaire ce test régulièrement, car vous remarquerez alors qu’on peut gagner des forces ou en abandonner au profit d’autres, en fonction des événements et du cours de la vie.

 Par exemple, mon premier test montrait 5 qualités qui semblaient bien me convenir :

Prudence, Appréciation de la beauté et de l’excellence, Discernement, Amour de l’apprentissage, Créativité. Intello droite dans mes bottes, j’avais un petit moral à ce moment. La prudence me caractérise tellement qu’elle me bloque parfois (souvent). Mon cœur bat pour la beauté sous toutes ses formes, je suis assez lucide globalement et rien ne me rend plus heureuse que d’apprendre de nouvelles choses. J’étais très fière de ces qualités toutes neuves qui pourtant faisaient partie de moi depuis toujours. Je me suis sentie confortée, voir légitimée dans un caractère un peu introverti et des façons de faire jugées parfois inadéquates.

 Mes 5 dernières forces étaient : courage, persévérance, auto-discipline, spiritualité et pardon. OK, c’est vrai, je suis une franche rancunière ultra-cartésienne : la mer est pleine de poissons, je ne vois pas pourquoi je donnerai une seconde chance à ceux qui m’ont déçu alors que tant d’autres qui ne m’ont rien fait restent à découvrir. Je n’ai pas de spiritualité, c’est une réalité, et le groupe « auto-discipline/persévérance/courage » prouve bien que je ne suis pas la reine de l’effort. Effectivement, je ne peux fournir un travail de qualité que s’il a du sens pour moi. Ce trousseau de «queue » m’a permis d’accepter ma façon de travailler. Je travaille extrêmement vite quand je le décide, je qui me laisse le loisirs de ne le faire que lorsque cela devient nécessaire. En ayant intégré ce principe, j’ai arrêté d’essayer de me forcer à des plages de travail stériles et ennuyeuses. Si ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment. J’organise depuis mon temps différemment et de façon beaucoup plus efficace et satisfaisante.

 Connaître mes forces m’a aussi affranchi de la culpabilité de les nourrir : je m’accorde une demi-heure minimum de surf sur les sites de mes abonnements à des magazines qui me permettent d’apprendre des choses chaque jour. Et j’ai décoré récemment mon bureau avec des objets qui réjouissent mon regard. Et ces actions ne sont plus de la procrastination, mais de l’enrichissement du moi qui donnera ainsi le meilleur au moment opportun.

 4 mois plus tard, après avoir expérimenté dans le cadre de mes réflexions un exercice de psychologie positive appelé «  le journal de gratitude », et avoir malgré moi job-crafté (on en parle demain) mon activité, mon résultat avait légèrement changé. Seules les 5 forces de queue étaient identiques. En revanche, la prudence était passée à la 7ème place et avait été remplacée dans mon trousseau de tête par la capacité à aimer et être aimé, auparavant en 9ème position.

 Cette détermination de vos forces doit vous permettre de vous sentir vous-même à tout moment, et en pleine conscience. Ce que vous êtes est beau et bien, ce que vous êtes fonctionne.

Comme dirait Oscar Wilde : « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris ! ».

Faites le test, réfléchissez-y et partagez votre trousseau de tête ! Et préparez-vous pour demain, on parlera de job crafting, ou alors de chapeaux, ça sera la surprise !

LOVE 2.0 : Everybody gonna love today

love2.0

Aujourd’hui on ne lit pas des romans d’amour, mais un livre de Barbara Fredrickson, sur l’amour vrai dans toutes les bêtes situations de nos journées, avec tout le monde…Vous allez voir, c’est très intéressant tout cet amour…

Dans l’introduction, Matthieu Ricard (on parle beaucoup de lui en ce moment pour son Plaidoyer pour les animaux, mais il a aussi publié Plaidoyer pour le bonheur ou Plaidoyer pour l’altruisme) distingue la psychologie positive, « domaine de recherche scientifique qui s’est donné pour but d’étudier et de renforcer les émotions positives, celles qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre », de la « pensée positive », qu’il décrit comme une espèce de baguette magique à la limite du charlatanisme. Donc, la psychologie positive n’est pas seulement une manière de voir le verre à moitié plein, mais de se mettre plus en interaction avec les autres et de penser et d’agir pour un bonheur commun. Il y a d’ailleurs un Top 10 établi par Barbara Fredrickson des émotions positives : la plupart se vivent à plusieurs, comme la gratitude, l’intérêt, l’amusement… ou l’amour.

 Car le but de Love 2, sous-titré « Ces micro-moments d’amour vont transformer votre vie », c’est justement de nous aider… à aimer. Pas dans un sens romantique, évidemment, puisque ça, on sait déjà… Mais dans un sens de bienveillance, d’altruisme, d’empathie, d’entraide… Ce qui est parfois plus compliqué ! « Le fait est que tous les gens connaissent des bonheurs et des malheurs toute l’année, si ce n’est tous les jours » écrit-elle. « Quand vous regardez les autres, même si vous ne leur adressez pas la parole et vous ne savez pas grand-chose d’eux, vous pouvez être sûr qu’ils connaissent à la fois des bonheurs, petits ou grands, et des revers, là encore petits ou grands. Chaque individu que nous croisons mérite donc à la fois notre compassion et notre réjouissance aimantes. » Pas uniquement pour être sympa et aider le monde aller mieux (encore que c’est déjà pas mal). Mais parce que cette positivité des rapports, ce plan relance de la communication, de l’humanité et de la bienveillance, se traduit, oui, dans sa petite vie personnelle, par plus d’émotions positives (y compris un petit peu égoïstes) comme la sérénité, la joie, la fierté…

 A part ça, dans le livre, il y a du discours théorique, il y a des exemples pratiques, et il y a des exercices. Souvent assez rigolos à faire, si tant est qu’on aime un peu l’introspection. Par exemple : « Examinez votre travail en lui-même, vos habitudes de travail, vos attitudes au travail. Quelle part de travail effectuez-vous avec les autres ou en leur présence ? Combien de temps, pendant ces moments-là, vous efforcez-vous consciemment d’être en relation avec les autres ? Prenez-vous le temps de les écouter et de croiser leur regard ? (…) Comment consacrer plus d’énergie à cultiver la relation aux autres ? Quels rituels ou quelles habitudes pouvez- vous créer pour introduire plus d’amour dans votre journée de travail ? Quels indicateurs vous aideraient à mesurer, vous et vos collègues, si cet investissement porte ses fruits ? »

 Pour celles qui restent perplexes, je terminerai avec cette petite liste de moments d’amour qui est en réalité au début du livre et qui m’a mieux fait comprendre de quoi il était question :

 « En réglant ses courses, on rit avec le caissier à la vue d’une tomate à la forme étrange qui nous fixe dans le panier.
En allant chercher le courrier, on tombe sur un voisin que l’on n’a pas vu depuis un moment et on s’arrête pour bavarder avec lui. En quelques minutes, on se retrouve à discuter allègrement de passions communes.
Au bureau, on célèbre une réussite collective en se tapant dans la main et en s’embrassant.
En faisant son jogging matinal, on sourit et on salue d’un signe de tête les autres coureurs en leur souhaitant intérieurement une bonne journée.
On serre longuement dans ses bras un parent au retour d’un voyage qui nous a séparés durant trop longtemps. »

Cette chronique est tirée du blog des paresseuses, et comme j’en fais partie et que je l’ai trouvé bien fait, il inaugure ma rubrique littéraire… Je vous souhaite beaucoup d’amour aujourd’hui !

Ecrire un avenir qui se réalise : la lettre jaune

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J’adore recevoir du courrier.

 Postal, électronique, petit mots sur un post-it, même un texto. J’aime les choses écrites, petites messagères pleines de recul entre mon interlocuteur et moi. Non seulement les écrits restent, alors que les paroles s’envolent, mais en plus ils vous aident bien mieux que vous ne pourriez l’imaginer à réaliser vos projets.

 Je vais vous parler aujourd’hui de la lettre bleue, décrite ainsi par Florence Servan-Schreiber. C’est un nom très poétique, bien qu’un peu triste, pour une méthode pourtant gaie et positive. (Vous êtes bien d’accord qu’être bleu, c’est être mélancolique, et qu’un bleu au cœur ou au genou, ça fait mal !). Du coup dans l’œuf du neuf, cela s’appellera la lettre jaune. Et toc ! En vérité, peu importe la couleur du papier et de l’enveloppe, il s’agit simplement d’écrire quelque chose d’important dessus.

UN AVENIR DE REVE

Ce quelque chose d’important, c’est votre avenir rêvé. Décrivez votre année 2015 idéale. Mais pas une liste de points avec en tête « gagner au loto ». Il s’agit de ce que vous serez, allez faire cette année, et les suivantes si vous souhaitez vous projeter plus loin. Vous commencerez cette lettre par « Bravo, je te félicite pour ce que je t’ai vu réussir cette année… ». Vous allez inscrire des détails, dire ce que vos événements vous ont apporté, quels bénéfices vous en avez tiré. Vous pouvez y écrire également les obstacles ou les difficultés que vous anticipez, et la façon dont vous imaginez les avoir surmontés. Vous pouvez décider d’écrire votre lettre à votre vous-même de dans un an, mais aussi à celui de dans 5 ans. C’est juste plus compliqué, car il faut penser à tous les détails.

 UN GESTE IMPORTANT POUR VOUS

C’est un exercice sérieux qui ne s’improvise pas. Choisissez votre papier, mettez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas dérangés. Et lancez-vous. Tant pis pour les ratures et l’orthographe. Lâchez tout, vos rêves, vos envies de voyages, vos désirs professionnels, les problèmes à régler, les personnes à retrouver ou à exclure, les défis à relever, les envies à concrétiser. N’oubliez rien, ne laissez rien de côté. Tout ce qui est faisable d’ici décembre prochain et qui vous gratifierait doit être consigné.

Vous pouvez revenir sur la lettre avant de la cacheter dans son enveloppe. La relire, la rectifier, la compléter. Puis la poster à mon adresse avec une enveloppe retour timbrée à votre adresse. Ou l’apporter à un ami ou un proche chargé de vous renvoyer la lettre en janvier 2016. Oubliez alors l’existence même de cette lettre, et reprenez le cours de votre vie.

 ECRIRE REND PLUS HEUREUX 

Quel est l’intérêt de cet exercice ? Ecrire, d’abord, car c’est un magistère puissant. Nous tirons de substantiels bénéfices à nous exprimer ainsi. Là où l’expression orale manque à structurer nos propos et peut nous égarer, l’écrit est un dialogue avec nous-même. Nous y faisons inconsciemment les questions et les réponses. La cohérence est assurée par notre besoin de logique, et alors nous apprenons mieux, nous atténuons nos angoisses en les rationnalisant, nous améliorons nos relations sociales et même notre santé.

 Ecrire cette lettre jaune, bleue ou arc-en-ciel, c’est tracer mentalement le chemin de ce que vous désirez vraiment, et il est toujours plus facile de suivre un chemin existant plutôt que de le réinventer à chaque intersection. Vous augmentez vos chances d’atteindre vos objectifs et de vous y réaliser si vous admettez ce que vous souhaitez vraiment pour vous.

 Cette méthode agit comme un tuteur mental, efficace, souple et robuste. Et c’est FACILE à faire. La lettre jaune, qui s’applique aujourd’hui à un sujet positif et tourné vers demain, peut aussi prendre la forme d’une lettre « grise », qui aide à surmonter chocs ou traumatismes passés. Nous en parlerons une prochaine fois, si vous voulez bien.

En attendant, à vos stylos, claviers, n’hésitez pas à m’envoyez vos courriers par email à loeufduneuf(a)gmail.com (confidentialité garantie), je m’engage à vous les renvoyer dans un an et à recueillir vos impressions.

 Jolie résolution pour 2015, non ?

La pensée positive ne l’est pas tant que ça

Lorsqu’on parle de psychologie positive autour de soi, on s’aperçoit rapidement qu’elle est presque systématiquement confondue avec la pensée positive. Ceci nécessite un éclaircissement.

La psychologie dite positive, lancée en 1998 par le psychologue président de l’association professionnelle la plus importante au monde en ce domaine, Martin Seligman, a pour objet l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain. Elle se construit sur des recherches scientifiques concrètes, publiées dans des revues spécialisées, révisées par les pairs, et donc conformes aux pratiques de la communauté scientifique.

La pensée positive est une affaire qui prête plus volontiers à sourire. Un peu magique, elle n’est pas un concept de psychologie, mais repose sur des ouvrages populaires internationaux de type « best-sellers », écrits par des non-psychologues. Ces ouvrages ont eu un immense rayonnement, mais ils n’ont aucun fondement solide en psychologie.

Pourtant, la pensée positive est un concept tellement familier et séduisant que tout le monde le connaît semble l’avoir déjà expérimenté. Pour obtenir quelque chose, il suffit d’y penser très fort.

De nombreux courants se réclament d’ailleurs de la pensée positive depuis le début du 20eme siècle (et vendent beaucoup de livres et de formations). La méthode Coué (de l’abbé Coué) se base sur l’autosuggestion, Norman Vincent Peal (pasteur) prône un positivisme absolu (interdiction d’utiliser la négation), Joseph Murphy recommande la répétition et la visualisation, et Rhonda Byrne (productrice de télévision) avec sa fameuse et surréaliste Loi d’attraction, en est la grande la papesse. Tout cela ne semble pas bien méchant, et on peut se demander en quoi cette discipline pourrait nuire en quoi que ce soit.

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Pourtant, la pensée positive ne l’est pas tant que ça :

1. Culpabilisante : elle stipule que la pensée est une énergie qui attire ce qui vibre à la même fréquence qu’elle : pensez et visualisez argent, sexe et fortune, et tout cela viendra naturellement à vous. (c’est le principe de la Loi d’attraction)
Donc si cela ne vient PAS à vous, c’est que vous avez faillit dans votre contrôle mental. Vous n’avez pas pensé et visualisé assez fort, assez longtemps ou avec assez de conviction. C’est donc de votre faute, et vous culpabilisez. Bien fait.

2. Nie la réalité : la pensée positive renforce le phénomène de dissonance cognitive. Nommé ainsi par le psychologue Léon Festinger en 57, ce phénomène est celui que l’on expérimente lorsque nous formulons deux pensées simultanées contradictoires. Le fumeur qui apprécie de fumer sait en même temps que cela n’est pas bon pour sa santé. Pour réduire cette dissonance cognitive, il va se persuader par auto-suggestion que fumer n’est pas si grave. Ce fonctionnement naturel du cerveau permet de prioriser les pensées contradictoires simultanées et de gérer les tensions associées. Il est donc très facile de glisser de la pensée positive à la réduction de la dissonance cognitive, pouvant aller jusqu’au déni de la réalité. Pour un malade qui doit se soigner par exemple, mauvaise idée.

3. Réduit l’estime de soi : les pensées négatives ont pour objectif, avec les positives, de nous donner un éventail allant du pire au meilleur pour analyser la réalité de notre environnement. En l’absence de son revers négatif, la pensée positive retire aux heureux événements leur saveur. Un compliment hypocrite sur un plat raté n’a pas de sens, un enfant qu’on félicite en permanence ne sait plus quand il réussit vraiment quelque chose. La pratique de la pensée positive peut égarer l’individu dans la perception réelle de son estime de soi, qui va alors, en l’absence de repères, dégringoler. Ambiance.

4. Ethiquement discutable : Pour finir, la vilaine Loi d’attraction qui régit le principe de pensée positive est profondément amorale. Selon l’effet papillon, obtenir quelque chose que l’on désire par la visualisation et la pensée positive pourrait se faire au détriment d’autrui. On choisi de vouloir quelque chose, mais pas la façon dont nous allons l’obtenir. Sympa.

Voilà. J’espère que cet article vous aura définitivement convaincu de la différence fondamentale entre la pensée positive, principe pseudo magique sans fondement scientifique, et la psychologie positive, thème de ce blog, qui est l’étude scientifique des forces, du fonctionnement optimal et des déterminants du bien-être humain.

Ce n’est pas pareil !

Si vous n’êtes pas d’accord, soyez bien sûr libres de commenter !

Bonheur naturel ou synthétique ?

Pour être parfaitement honnête, je voulais créer et animer un blog de mode.

J’ADORE les blogs de mode. Comme celui de Betty, de Stéphanie, d’Alix, de Marion… J’y passe des heures, à regarder des belles photos filtrées de jeunes femmes élégantes, étonnantes, et stylées sur des fonds urbains ou tropicaux. Je regarde leurs sélections shopping, je clique sur les liens, je remplis des paniers virtuels avec leurs vêtements coûteux et rares, leurs accessoires pointus mais improbables pour ma vie quotidienne. J’aime leurs physiques variés et leur goût pour l’objet, l’image, la mise en scène. Et c’était vraiment cela que j’aurai voulu vous offrir.

 Mais je n’ai ni le budget fringues, ni le physique, ni le photographe, ni le temps, ni les idées, ni rien de ce qu’il faudrait pour tenir un blog de mode inspiré et inspirant. Alors j’ai fais un blog sur la psychologie positive, ma psypopote, qui m’apporte beaucoup.

Pourquoi ? Parce que j’ai intuitivement compté sur « mon système immunitaire psychologique », c’est à dire la capacité de mon cerveau à s’adapter à un événement que je n’ai pas souhaité, ou qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Le professeur Daniel Gilbert, de l’université de Harvard, explique ce concept en distinguant le bonheur naturel, que l’on obtient lorsque qu’on atteint un objectif fixé, et le bonheur synthétique, qui découle de notre adaptation positive, notre rebond, à une situation que nous n’avons pas choisie.

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 La question fondamentale sur ce sujet reste tout de même : lequel de ces deux bonheurs est le plus appréciable ?

Spontanément, on aurait tendance à penser que le bonheur synthétique n’est qu’un bonheur de second choix, une adaptation bon gré mal an aux événements qui nous dépassent. Certainement moins épanouissant, donc, que le bonheur naturel, plus évident, plus noble, qui est synonyme à la fois de chance et de reconnaissance des efforts fournis.

 Détrompez-vous ! Cette capacité au bonheur synthétique est une grande force. Notre grande force d’humain.

Chaque journée, chaque semaine, chaque année a ses déceptions et ses échecs, incontournables dans un monde que nous ne pouvons contrôler. Rester hargneux et regretter éternellement les opportunités ou les buts qui nous échappent nous rendrait simplement la vie impossible. On s’adapte pour rester heureux, en dépit de l’adversité de ce triste monde cruel. Nous sommes tous dotés de ce système immunitaire psychologique, cette faculté de fabriquer le bonheur, mais bien sûr, certains le font mieux que d’autres. Et dans certaines situations seulement ; la fabrication du bonheur synthétique est en effet plus efficiente en cas d’impasse, lorsque nous n’avons pas le choix. La liberté de choix au contraire n’est pas favorable à la fabrication du bonheur synthétique, car la multiplicité des alternatives entraine la possibilité du regret. Dans mon cas, pas de regret d’avoir choisi un blog de psychologie positive à la place d’un blog de mode, car je n’avais pas le physique approprié pour ce projet. L’œuf du neuf me rend en revanche sincèrement heureuse, bien plus qu’un blog de mode tenu par moi ne le ferait. Bonheur synthétique, bonheur à part entière.

 C’est ce processus qui est en œuvre également, à plus grande échelle, lorsque les personnes, après un accident de la vie, relèvent la tête et rebondissent. Une fois la tempête passée, leur inconscient rend acceptable ce qu’ils ont déjà, illumine ce qui reste pour qu’ils puissent reprendre la route. Ils changent de vie, prennent les choses en mains, et remontent sur le canasson du bonheur. Un canasson synthétique, mais qui va les porter vers leurs objectifs et leur permettre une nouvelle vie heureuse.

 De par sa nature « endogène », le bonheur synthétique est donc souvent plus durable que le bonheur naturel ; il est comme un système embarqué, nous le confortons inconsciemment. Le bonheur naturel, « exogène », beaucoup moins contrôlable, reste beaucoup plus aléatoire.

 Et vous, votre bonheur, vous le prendrez naturel ou synthétique ?

Jeter son sac par dessus le mur

sacrougekate

ça y est, ça, c’est fait.

Vous lisez ce billet, c’est donc bien que j’ai jeté mon sac par dessus le mur. Comme lorsque je balançais mon cartable en cuir rouge directement en haut de la petite côte que je gravissais pour rejoindre ma rue quand j’étais en primaire. Je lançais mon cartable haut et loin ; d’une part cela allégeait l’effort de monter, et d’autre part, j’étais bien obligée d’aller le chercher pour poursuivre mon chemin.

Aujourd’hui avec ce blog je refais la même chose. Je me lance, ou plutôt je lance le sac de mon envie d’écrire et de partager mes connaissances par-dessus le mur de ma prudence et du jugement d’autrui. Pelotonnée jusqu’ici dans ma zone de confort, je prends le risque de me connecter à ce que j’ai de plus authentique et de plus vrai. Flippant !

Lisez l’avant-propos ici pour comprendre pourquoi j’en suis arrivée là, puis s’il vous plait, soutenez-moi dans mon entreprise ! Car il m’a fallut du courage pour réussir à oser proposer le travail que vous trouverez dans ces pages.

Et surtout, maintenant que je vous ai dis cela, je suis bien obligée de continuer. Car c’est cela, jeter son sac par dessus le mur : prendre des engagements envers soi-même, mais aussi envers les autres, pour faire le premier pas vers nos objectifs. Parmi ces pas fondamentaux qui mènent à la réalisation,(et qui nous rendent souvent plus heureux que l’objectif lui-même), le premier est le plus fondamental, car sans lui aucun autre derrière.

Vous aussi vous auriez envie de jeter un sac par dessus un mur, puis d’escalader le mur pour aller le chercher ? Postez-le en commentaire, je suis curieuse de connaître la nature de vos sacs et murs personnels !

Pour la suite, je travaille déjà sur le billet de la nouvelle année, vous allez être surpris mais ça va probablement parler des voeux de bonheur et s‘intituler « Bonne année, Bonne santé ».

En attendant, à vos sacs…