La vie est-elle plus belle en anglais ?

J’ai eu la chance de faire un an d’études à Londres en 2001, grâce au dispositif Erasmus. L’anglais est depuis une langue que je lis couramment, que j’écris moyennement et que je parle avec un accent léger comme une vache normande. C’est pour cette raison que je me limite à la lecture. Et grand bien m’en fait.

english
Brian is in the kitchen.

 Avez-vous remarqué à quel point l’anglais est direct, simple, synthétique ? Bien entendu, je ne parle pas de l’anglais littéraire, pointu, délicat, et dont les subtilités m’échappent probablement. Je parle de l’anglais d’Internet, de l’anglais des médias et des blogs, celui qui va droit au but pour être compris le plus vite possible par le plus grand nombre.

 Quand je m’embourbe un peu dans mes préoccupations quotidiennes, j’apprécie particulièrement de prendre l’air en lisant des blogs ou des supports anglophones. Je me surprends même à commenter des articles, à me lancer dans des discussions, à échanger dans cette langue.

 Et c’est souvent là que la magie opère.

 A cause de mon niveau limité, je me débrouille, je copie et m’approprie ce style sans détour, et je change. Je m’échappe de moi-même, de ce moi compliqué et toujours en questionnement, ce moi qui explique comment on fait la montre au lieu de donner l’heure, qui vénère le détail et fustige le global, qui s’emmêle dans ses propres contradictions et ses mille sujets d’intérêts.

CHANGER DE VISION EN CHANGEANT DE LANGUE

En anglais je m’autorise à prendre moins soin de l’interlocuteur, à moins enluminer mes propos. C’est le sens qui prime. Je fais des phrases plus courtes, sans métaphores, factuelles. J’essaye juste de rester drôle, un minimum. Le bénéfice est quantifiable. Changer de langue pour écouter et pour s’exprimer permet aussi de changer l’angle sur les choses et les gens. Voir les choses différemment, prendre de la hauteur, penser plus global.

The big picture, comme ils disent !

 Mais cette constatation n’est pas si nouvelle. J’avais bien appris au lycée que si les grecs et les allemands avaient eu ce temps d’avance dans l’histoire de la philosophie, c’est bien parce que leur langue comprenait dans sa structure les substantifs, outils pour penser les concepts. Pas d’idées sans mots pour les désigner et les manipuler. Changer les mots pour manipuler les idées change aussi la gymnastique qu’on fait avec elles.

Penser en anglais rendrait plus heureux ? Il faudrait comparer avec d’autres langues, interroger des échantillons de personnes variées sur une longue période. La Vie en Rose parisienne, la Gemütlichkeit allemande sont-elles plus douces que la Dolce Vita italienne ? No sé.

Mais ce que je sais en revanche, c’est qu’utiliser une autre langue permet de prendre une distance avec ses habitudes. Cela nous met en équilibre, et nous donne la possibilité de s’observer soi et les autres sous un nouvel angle, ce qui est toujours bénéfique.

Que votre tailor soit rich, ou non. poupoule

Hypersensibles = Hyperhumains ?

Vous ne supportez pas les pulls en laine qui grattent, vous n’aimez pas la musique forte et les conversations superficielles vous ennuient. Vous avez le sentiment que les gens ne prennent jamais de gants avec vous, que vous faites toujours plus attention aux autres qu’ils ne le font pour vous. Vous ne comprenez pas pourquoi votre entourage n’est pas aussi touché que vous par les faits divers atroces, et comment vos amis peuvent visionner sans ciller des scènes de violence dans les films. Vous êtes probablement un des 15% d’hypersensibles qui composent notre espèce. Et ce n’est pas un défaut, bien au contraire. Bienvenue chez les rois du monde !

PENSEZ-VOUS ETRE HYPER ?

Voici ce qui définit un hypersensible :

bombyx disparate
Ceci n’est pas un lapin-papillon, mais un bombyx disparate. C’est un peu à ça que je me fais penser, parfois.

1- Une hyper réactivité à l’environnement : la foule, le bruit, la lumière, les odeurs, … les stimulis extérieurs sont amplifiés. L’envie primaire de se rentrancher au calme est la conséquence inévitable de ces agressions pourtant très ordinaires.

2- Une grande sensitivité corporelle : la sensibilité n’est pas qu’intellectuelle, elle concerne aussi le corps. L’hyper sensible supporte mal la douleur, et le contact physique est autant un plaisir qu’une agression pour lui. L’hyper sensible est également sensible à la température, à la matière des objets et des vêtements.

3- Une vie émotionnelle intense : l’hyper-développement de l’empathie est un des points les plus difficiles à gérer au quotidien. L’hyper sensible se sens invariablement responsable de l’ambiance émotionnelle de son environnement. Les émotions qu’il ressent, bonnes ou mauvaises, sont très fortes, et le temps ne les atténue que difficilement. (c’est le revers d’une mémoire exceptionnelle).

4- Une grande créativité : un fort sens esthétique, l’amour des arts et le goût intense de la musique sont des traits classiques de l’hyper sensible. La créativité n’est d’ailleurs pas qu’artistique : l’hyper sensible fait preuve d’une grande créativité intellectuelle, a beaucoup d’idées, et une capacité particulière à réfléchir par lui-même en dehors des courants dominants.

5- La quête de sens : pour l’hyper sensible, la vie ne se réduit pas au travail, à la famille, à la construction d’une sécurité matérielle, ou à une simple recherche de plaisirs. La quête de sens, le besoin de s’accomplir et de faire coïncider ses talents et ses envies dans son existence est fondamentale.

 En tant qu’hyper-sensible en chef, je peux témoigner de 35 années d’hyper émotivité, d’hyper réceptivité, d’hyper vigilance, d’hyper mémorisation, d’hyper acuité, et d’hyper fatigue, forcément. Bien sûr, je rêverai de créer une société secrète composée uniquement d’hypersensibles, un hyper club de membres hyper lucides qui réussiraient à créer une hyper connivence hyper agréable et hyper reposante, intellectuellement hyper stimulante et forcement hyper drôle.

 Vous l’avez compris, ce que j’aime dans l’hyper sensibilité, c’est bien le HYPER.

 Car j’ai toujours eu l’intime conviction que c’est cette caractéristique prépondérante de ma personnalité qui fait toute ma force, qui est mon super pouvoir magique qui me rend (presque) absolument tout possible. C’est ma différence, mon éclat, mes bottes de sept lieux.

HYPERS HUMAINS ?

L’hypersensible est à mon sens une sorte d’hyper-humain, à la fois à cause de sa capacité à tout ressentir de façon exacerbée et pointue, amplifiée, mais surtout à cause de son empathie maladive et de son besoin impérieux d’assurer un climat émotionnel de qualité là où il évolue. Une hyper humanité tout aussi philanthropique que sensorielle.

 Bien qu’il soit donc naturellement doué pour le bonheur et les interactions de qualité avec les autres, l’hypersensible ne peut atteindre la félicité que dans des circonstances préservées des désagréments de la vie quotidienne.

Si vous vous reconnaissez, voici 4 conseils testés et approuvés pour optimiser cette chance, en faire un super pouvoir effectif, et en être pleinement heureux :

1- Se déculpabiliser : vous n’êtes pas anormal, vous êtes différent ; une sorte d’humain amélioré en quelque sorte. Hors le monde n’est pas du genre amélioré, d’où certains décalages, dont vous n’êtes pas responsable.

2- Se protéger des lieux, personnes, circonstances qui vous touchent. Sans hésitation surtout : en vous protégeant de ce qui vous met systématiquement en pelote, vous préserverez votre énergie et votre moral. Et vous n’aurez plus le sentiment de subir un environnement qui vous agresse et vous ballotte.

3- Arrêter d’interpréter et d’absorber les émotions des autres. Vraiment. Et c’est le plus dur. Ou alors seulement celles des gens qui comptent.

4- Prendre conscience de l’atout que représentent l’hyper vigilance et l’hyper acuité dans la vie personnelle comme professionnelle : c’est toujours une force de réussir à ressentir intuitivement ce que pensent les gens. Cela facilite la prise de position dans un groupe, l’anticipation, la négociation, l’échange. Ne vous voilez pas la face, les situations vous surprennent rarement, vous savez toujours parfaitement ce qui est en train de se passer. Apprenez à réagir en conséquence ! Déployez vos radars, écoutez-vous, faites-vous confiance, et c’est magique ; ça fonctionne !

 Pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette description, sachez que vous êtes doté d’un bagage émotionnel et sensoriel identique à celui des hypersensibles déclarés.

 Il est seulement moins rapide ou plus sage. Néanmoins, les qualités d’hyper-sensibilité peuvent être développées chez chacun, en essayant d’atteindre la pleine conscience dans un maximum de circonstances de la vie.

 Alors au boulot !