Théorie de l’élargissement

chasseautigreruben

Barbara Fredrickson, l’une des figures de proue de la recherche en émotions positives, a établi la « théorie de l’élargissement et de la construction des émotions positives », selon laquelle les émotions positives élargiraient nos capacités attentionnelles, nous permettant de voir les situations de manière plus globale, tandis que nos émotions négatives nous focaliseraient sur ce qui ne va pas, ou qui nous fait peur, nous éloignant ainsi des solutions possibles.

Les émotions positives élargissent notre perception, nous permettant ainsi de percevoir ce qui n’était pas visible auparavant, et de rassembler des idées et des informations dans de nouveaux moyens créatifs et utiles. En revanche, les émotions négatives restreignent nos perceptions et notre manière de penser, principalement en concentrant l’attention sur le stimulus qui a déclenché l’émotion : le chien menaçant, l’ennemi détesté, l’examinateur, le client, le N+1 ou simplement les conséquences négatives de l’échec.

Ces manières de percevoir et de penser sont utiles, car toutes deux sont le fruit de la sélection naturelle. Quand nous ne sommes pas confrontés à des menaces immédiates pour notre survie, nous mettons à profit notre esprit pour nous construire et faire prospérer notre communauté, c’est-à-dire apprendre, créer, trouver de nouvelles manières pour faire les choses, aider les autres, se réaliser, s’améliorer.

En revanche, quand nous sommes confrontés à des dangers immédiats, notre esprit cherche, naturellement, à faire face à cette menace. Si un tigre vous pourchasse, le mieux à faire est d’utiliser des méthodes connues et habituelles pour échapper au tigre, plutôt que d’innover. En utilisant des moyens créatifs, nous courrons le risque d’échouer. Nous sommes donc biologiquement construits pour mettre en veille notre créativité quand l’échec peut engendrer de graves conséquences.

Un élargissement nécessaire au bien-être

Aujourd’hui, dans nos vies quotidiennes, le poids du jugement constant d’autrui, la comparaison omniprésente, l’obligation de la course au succès, ont remplacé le tigre menaçant. Le plus souvent, pour répondre à ces sollicitations sociétales de plus en plus pressantes, nous enclenchons naturellement le mode survie. C’est ce qu’on appelle « avoir le nez dans le guidon ». Nous ne focalisons que sur les problèmes à résoudre, sans avoir une vision globale sur ce qui fonctionne bien ou ce qui est déjà réalisé.

Ceci serait pourtant encourageant et installerait de meilleures conditions pour la résolution du problème en cours. Cette théorie de l’élargissement propose donc le moyen de prendre du recul, de relativiser les obstacles et de prendre un élan positif vis à vis des situations, pour optimiser notre capacité à les appréhender de la meilleure manière possible.

Vous avez aimé ? Partagez :o)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>